Ce qui cloche avec l’immigration

Par Philippe David

L’immigration fait beaucoup les nouvelles dernièrement. Une bataille rage autant en Europe qu’en Amérique entre ceux qui voudraient des frontières ouvertes et ceux qui voudraient ralentir le flot des immigrants illégaux et il y a beaucoup de démagogie de part et d’autre.

Ces pauvres enfants…

On a fait grand cas cette semaine de ces pauvres enfants mexicains, arrachés de leurs parents et supposément mis en cage comme des animaux. Ironiquement cependant, les images qu’on nous montre d’enfants en cage datent de 2014 alors que saint-Barack était aux commandes. Où était l’indignation à se moment là? Les lois qui sont présentement appliquées aux États-Unis envers l’immigration illégale sont en place depuis 1996, signées par Bill Clinton et appliquées par lui et tous ses successeurs depuis. La loi avait un soutien bi-partisan et donc des représentants et des sénateurs des deux partis ont voté pour. La seule chose dont on pourrait accuser Trump, c’est de les appliquer avec un peu plus de zèle, mais c’est justement une des choses pour lesquelles il a été élu. La gauche américaine est bien mal venue de s’en plaindre maintenant alors que précédemment, deux Présidents démocrates avaient appliqué les mêmes lois, à preuve ces photos datant de 2014. Mais de toute manière, cette séparation des enfants de leurs parents est ce qui arrive à tous les enfants de ceux qui enfreignent la loi, pas seulement ceux qui choisissent de traverser une ligne imaginaire contre la volonté de l’État. Et les parents dans tout ça? N’ont-ils aucune responsabilité d’entraîner leurs enfants dans cette aventure, connaissant les risques?

Time fake cover

Je dis ça non pas pour absoudre Donald Trump de responsabilité, mais pour souligner l’hypocrisie et l’indignation à géométrie variable de ses détracteurs et des médias qui ne s’arrêteront vraiment à rien pour tenter de le discréditer. Ce n’est pas parce que j’aime Donald Trump ou ses politiques, mais cette obsession qu’ils ont envers lui est carrément maladive. Je jurerais que certains d’entre eux doivent se lever en pleine nuit juste pour le haïr un peu plus. Revenez-en, bon sang! Trump n’est pas pire qu’un autre. Il n’est qu’un symptôme de notre maladie mentale collective et particulièrement le résultat de la politique identitaire de la gauche.

Mais le pire est que le scandale n’en est pas vraiment un. Ces images d’enfants en cage ne proviennent pas des installations où ces enfants demeurent en permanence, mais plutôt celles où on les garde le temps de les enregistrer. Voici une vidéo qui montre le genre d’installations où ces enfants sont sont envoyés après leur enregistrement. Très loin d’être des conditions inhumaines malgré les larmes de crocodile de Rachel Maddow.

Suicide par migration

Si ce n’était que de moi, les frontières n’existeraient pas et tout le monde serait libre d’aller où il veut et transiger avec qui il veut, mais voilà, ce n’est pas le monde dans lequel nous vivons. Nous vivons dans un monde basé sur la prémisse que nous ne sommes pas assez sages pour nous gouverner nous-mêmes, mais que certains sont supposément capables de gouverner les actions de millions de leurs semblables par la force et on s’imagine que ce droit de dominer et imposer sa volonté aux autres se gagne légitimement par concours de popularité. Aussi longtemps que notre société sera fondée sur cette prémisse, nous vivrons dans un monde où la violence et l’arbitraire priment et des enfants seront séparés de leurs parents qui seront criminalisés pour avoir traversé la mauvaise ligne imaginaire sans permission.

Tant qu’il y aura des états, aussi minimes soient-ils, il y aura des frontières et ces états auront pour fonction de les défendre. On ne peut y échapper. Ça, c’est la réalité. C’est une réalité qui est voulue par tous sauf une infime minorité parce qu’on nous a enseigné depuis notre plus jeune âge que malgré l’absurdité de l’idée que nous ne pouvons nous gouverner nous-mêmes, mais que certains peuvent gouverner des millions et alors que l’Histoire démontre, à travers tous les abus de pouvoir meurtriers qu’elle a vus, que c’est carrément faux; ça ne peut pas possiblement fonctionner autrement. On nous a convaincus au-delà de tout doute que pour être protégés des criminels sans scrupules, nous devons nous soumettre à d’autres criminels sans scrupules. Parce que, voyez-vous, le pouvoir n’attire pas les saints, il attire les sociopathes et donc, les pires d’entre-nous se retrouveront toujours au sommet d’une hiérarchie de pouvoir. C’est pour cette raison que je m’amuse souvent à dire que nous vivons dans une inaptocratie. Ça durera tant que nous nous laisseront dominés par ce type de hiérarchie et que nous n’oseront pas rêver à un autre paradigme.

Pendant ce temps, ces sociopathes créent des crises humanitaires à coup de bombes, forçant d’immenses déplacements démographiques qui n’auraient jamais eu lieu autrement. Utilisant ces crises humanitaires ensuite pour semer le chaos en important des masses de gens dont la culture est radicalement différente de celle de leur propre société.  En petite quantité et avec un peu de temps, les gens s’adaptent à un nouvel environnement et la migration est bénéfique pour toutes les personnes concernées, mais lorsque des quantités massives de gens de cultures différentes se retrouvent projetées involontairement ensemble par des circonstances hors de leur contrôle, il n’en résulte généralement que des conflits. C’est ce qui se passe en Europe actuellement et c’est aussi ce qui attend les Amériques si les tendances se maintiennent. Si on avait voulu détruire volontairement la civilisation occidentale, on aurait probablement pas pu trouver mieux que ce qui se trame actuellement. D’un côté, corrompre la culture occidentale en une orgie de culpabilisation et de haine de soi, puis violemment introduire des éléments d’une culture forte et diamétralement opposée. D’ouvrir grand les portes à ce genre de migration n’est pas bénéfique à la société d’accueil, c’est un suicide auquel les idéaux occidentaux de liberté (incluant la liberté d’expression et de conscience) et d’égalité devant la loi ne survivront pas.

Si on se souciait des enfants…

On cesserait de faire pleuvoir des bombes et on cesserait d’endetter les générations futures…

 

Le silence des agneaux

Comment la rectitude politique a ruiné une génération d’innocents

Par Philippe David

Je sors de mon mutisme de plusieurs mois pour parler de quelque chose qui m’interpelle depuis quelques temps. Quelque chose que je ne peux ignorer. L’histoire est connue depuis quelques années quand le journaliste Andrew Norfolk du Times l’a exposé au grand jour en 2011, mais ici au Canada ce n’est que très récemment qu’on en entend parler. Ça fait plusieurs décennies, aussi loin que dans les années 1980, que ça dure et que les autorités se complaisent à l’ignorer. Ça se passe dans des villes comme Telford, Rotherham, Oxford, Manchester, Rochdale, Leeds et j’en passe. Au fil des années, on estime que le nombre de victimes s’élève probablement dans les centaines de milliers et certains vont même dire qu’il pourrait y en avoir jusqu’à un million,  mais ce chiffre est, bien sûr,  impossible à confirmer.

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Le modèle est devenu familier et il se répète de ville en ville. De jeunes hommes, qu’ils appellent des «Roméos» (aux Pays-Bas, on les appelle «loverboys» – le phénomène n’étant pas exclusif au Royaume-Uni), ciblent leurs victimes pour leur jeune âge, aussi jeunes que 10 ou 11 ans, leur vulnérabilité et leur innocence. Ils les amadouent en leur donnant de l’attention, en leur faisant des jolis cadeaux. Ils les rendent dépendantes à l’alcool et aux drogues. Ils leur font croire qu’ils les aiment, qu’ils sont amoureux et puis commencent les relations sexuelles. D’abord avec le Roméo, puis avec une quantité de plus en plus grandissantes d’«amis» d’âge plus mûr. S’en suit des viols à répétition, quelques fois une cinquantaine dans une même journée selon les témoignages déchirants des victimes. On utilise le chantage et la peur pour les garder sous contrôle. On leur met un couteau ou une bouteille cassée sous la gorge. L’une d’elles s’est fait clouer la langue à une table. On menace aussi leur famille. Dans un cas, la maison de l’une d’elles aurait été incendiée.

Autre petit détail qui me verra sûrement taxé d’islamophobie et de racisme, mais on ne peut nier les faits: les victimes sont toutes exclusivement blanche ou indiennes (particulièrement sikh) et les prévenus dans une proportion écrasante d’origine musulmane (pakistanaise ou bangladeshi en particulier). Dans les médias britanniques, ils utilisent le terme «Asian», mais disons qu’il n’y personne avec le teint pâle et les yeux bridés dans ces gangs criminels. Traitez-moi de raciste si vous voulez, mais jusqu’ici, 90% des condamnés pour ces crimes sont de descendance pakistanaise. Cette communauté ne représente que 4% de la population.  C’est un simple fait.

Un crime pas comme les autres…

Ceci n’est pas un simple cas de viol et de pédophilie ou de prostitution juvénile. Le victimes sont majoritairement ciblées pour leur appartenance ou plutôt leur non-appartenance à un certain groupe auquel appartiennent les agresseurs et cette non-appartenance est au cœur de leur motivation. 90% des agresseurs ont un et un seul dénominateur commun. Certains pointeraient leur groupe ethnique puisque la plupart d’entre eux sont pakistanais ou bangladeshis, mais il y a aussi des agresseurs qui sont d’origine africaine comme des somalis. Aux Pays-Bas, la majorité écrasante des «loverboys» sont marocains. Le vrai dénominateur commun serait plutôt cette religion qui commence par un «i» et finit par un «slam».  Ou je devrais plutôt dire, une certaine interprétation de l’islam qu’on appelle wahhabisme ou salafisme. Le fait que la majorité au Royaume Unis soit pakistanaise et aux Pays-Bas soit marocaine n’est que le reflet de l’origine ethnique prédominante des musulmans dans ces pays. C’est pourquoi on ne peut pas parler d’un phénomène purement ethnique. C’est plutôt d’idéologie qu’on doit parler.

Loin de moi l’idée d’inclure tous les musulmans dans cette idéologie. Beaucoup de musulmans n’y adhèrent pas. Mais c’est difficile à dire quelle proportion de cette communauté y adhère ou pas et à quel point. Ce serait probablement plus rassurant si des leaders comme Anjem Choudary condamnaient publiquement ces gangs, mais jusqu’ici, Choudary est demeuré muet, ainsi que la plupart de ses congénères.

On me dira certainement que d’organiser des orgies dans lesquelles drogues et alcool sont consommées et que des enfants de 11 à 16 ans sont agressées sexuellement à répétition n’est pas le comportement d’un bon musulman et je serais enclin à vous donner raison, sauf que les écritures saintes musulmanes comportent quand même certaines exceptions, surtout quand il s’agit de comment les mécréants doivent être traités dans le dar al harb (ou «domaine de la guerre») et donc il est entièrement possible que certains musulmans puissent interpréter leurs écritures de façon à rendre ce comportement hallal (licite) par rapport à leur croyance, même si cette interprétation n’est pas partagée par la plupart des musulmans. Ceux qui se croient investis d’une mission divine trouvent toujours quelque chose pour se justifier d’une façon ou d’une autre. D’ailleurs, la meilleure preuve que ce groupe d’inclue pas tous les musulmans est qu’il peut s’attaquer à d’autres musulmans qui n’adhèrent pas à son idéologie particulière et le fait fréquemment. Le plus grand groupe de victimes de violence par des musulmans demeure toujours d’autres musulmans. C’est ce qui explique pourquoi quelques-unes des victimes de ces gangs ont été des musulmanes pakistanaises, qui probablement ne se comportaient pas comme de bonnes musulmanes aux yeux des agresseurs. Toujours est-il que ces gangs attaquent ces filles vicieusement parce qu’ils des considèrent de faibles moeurs puisqu’elles ne sont pas couvertes de la tête aux pieds et donc, selon leur idéologie, elles méritent d’être traitées comme des putains, d’après plusieurs témoignages de victimes.

Certains diront également que les agressions sexuelles ne sont pas l’apanage d’une culture ou d’une religion en particulier, et vous avez raison, mais il n’existe aucun autre exemple de groupes ethniques ou religieux organisés ciblant des mineures d’autres groupes ethniques ou religieux de cette façon. Aucun.

Les victimes sont aussi ciblées parce qu’elles sont relativement innocentes et peu portées à vouloir tenir leurs parents au courant de leurs années et venues (les sikhs en particulier). Dans certains cas, elles étaient aussi sous les soins de l’état dans des centres d’accueil, etc.  et donc, moins de chances qu’elles tente de rapporter les crimes perpétrés contre elles, mais d’autres complications ont aussi permis à leurs agresseur d’agir impunément litéralement pendant des décennies.

Cachez ces crimes je ne saurais voir parce qu’ils sont commis par des lauréats la médaille d’or des Olympiques de l’oppression…

Mis à part l’hésitation des victimes à porter des accusations, une autre raison a permis à ces gangs de viol pédophile organisé d’opérer impunément pendant plusieurs décennies et c’est la rectitude politique. Les services sociaux, la police, les conseils municipaux étaient tous au courant, mais ils ont choisi de balayer l’affaire sous le tapis et de l’étouffer de peur qu’on les traite de raciste ou d’islamophobes. Des pères des victimes appellent la police pour sortir leurs filles de la maison où elles se font violer, et ce sont eux qui se font arrêter. Des policiers découvre des jeunes filles de 11 ans au lit avec un adulte et ils ne font aucune arrestation sous prétexte que les relations étaient consensuelles (à 11-12 ans???). À Rotherham des conseillers municipaux et des policier ont même eu des relations sexuelles avec des victimes aussi incroyable que ça puisse paraître.

Je dirais que c’est là le plus gros scandale. Les autorités britanniques ont très litéralement sacrifié et laisser démolir une génération complète de jeunes filles pré-pubescentes et pubescentes au nom de la rectitude politique. Laissez-moi répéter: Les autorités britanniques ont très litéralement sacrifié et laisser démolir une génération complète de jeunes filles pré-pubescentes et pubescentes au nom de la rectitude politique!

Et maintenant on s’inquiète d’une montée de l’islamophobie dans ce pays? On blâme ceux qui, à juste titre, dénoncent ces actes horribles en les traitant de raciste et d’islamophobes? Si c’était vos filles? Ne seriez-vous pas indignés vous aussi? Ne réclâmeriez-vous pas aussi la justice? C’est ce que faisait Tommy Robinson et regardez ce qui lui arrive. Le scandale est que le Royaume Uni est étouffé sous un régime tellement orwellien que ceux qui sont y nés et y passé leurs vies entières, ainsi que des générations innombrables avant eux ne peuvent même plus réclâmer la justice pour les torts qui leur sont faits ou même s’en plaindre! Apparemment, ils sont supposés maintenir leur flegme légendaire en voyant leurs filles se faire violer à la chaine, sans dire un mot. Pourquoi? Parce que les agresseurs ont le teint plus foncé? Pourquoi auraient-ils droit à un passe-droit? Est-ce qu’on se gêne pour dénoncer les mafias italiennes ou russes?  A-t-on peur d’être traités d’italophobes ou de russophobes? Pourtant, au Royaume Uni, si vous osez critiquer l’islam ou les musulmans, vous êtes presque assurés d’être arrêté pour discours haineux. Vous croyez que je rigole? Voici le barème que la police métropolitaine de Londres utilise pour déterminer si votre discours est islamophobe.

Met Police islamophobia

Dites-moi, selon ce barème, quelle critique de l’islam ou de musulmans vous est-il possible de faire? Selon ce barème, ce texte ici présent est largement islamophobe malgré toutes les contorsions que j’ai pu faire pour expliquer que je ne parle pas de tous les musulmans, mais d’un élément criminel bien défini dans leur communauté. Voilà pourquoi la liberté d’expression des de prime importance et pourquoi les lois sur le discours haineux sont absurdes. Il n’y a pas de définition précises pour l’expression «discours haineux» et lorsque vous laissez le soin à l’état de le définir, il sera défini par la dernière personne que vous voudriez avoir dans cette position et même si aujourd’hui ça vous avantage, je peux vous garantir qu’un jour de telles lois serviront à vous baillonner.

Malgré le fait que ces gangs ont été exposés au grand jour depuis sept ans,  on en parle encore très peu en Grande Bretagne dans les médias de masse et encore moins dans les médias Nord-Américains. Les procès se déroulent largement à huis-clos avec des interdits de publication sous prétexte d’assurer un procès équitable aux prévenus (ce qui n’est pas considéré nécessaire en Amérique du Nord), mais ça permet aussi largement d’étouffer l’affaire, incluant les détails embarrassants pour les autorités. Ça permet aussi de garder l’indignation à un minimum. L’inconvénient est que ça ne fonctionne pas en cette ère de médias sociaux. Les informations se transmettent quand même et de ce que j’ai pu entendre de plusieurs sources Youtube au Royaume Uni et ailleurs, les tensions sont très élevées et malgré le fait que plusieurs agresseurs ont été envoyés en prison, le victimes rapportent que le gang continuent quand même d’opérer librement. Franchement, je suis presque surpris que certains ne se soient pas fait justice eux-mêmes, mais désarmés comme ils le sont, comment le pourraient-ils? Mais il viendra un jour où les britanniques en auront assez et je ne donne pas cher de la peau de leurs politiciens complaisants quand ce jour arrivera.

Les désastres n’abrogent pas les lois économiques

Par Philippe David

Je sais que ce que je vais vous dire ne me rendra pas très populaire, mais dans le sillage de la série d’ouragans qui font rage dans les Antilles et chez nos voisins du sud, il est important de savoir pourquoi les lois économiques existent et pourquoi il faut résister à la tentation de les empêcher de faire leur travail.

Pendant les jours qui précèdent l’arrivée d’un désastre comme un ouragan, nous assistons toujours a une frénésie de préparations qui incluent l’achat effréné de denrées essentielles comme l’eau en bouteille, la nourriture en conserve, etc. Les sages auront déjà des réserves pour pallier à des situations d’urgence. Ceux qui ont déjà vécu le passage d’un ouragan auront probablement déjà une réserve d’eau dans leur sous-sol, mais beaucoup vont se laisser prendre au dépourvu et se précipiteront au magasin pour acheter autant de caisses d’eau qu’ils peuvent apporter, peu importe s’ils en ont besoin d’autant que ça ou non. On voit donc des gens sortir des magasins avec une dizaine de caisses de bouteilles d’eau, alors qu’en réalité, ils pourraient probablement survivre la situation d’urgence avec deux ou trois caisses. Le résultat inévitable est que dans un court laps de temps, toutes les tablettes sont vides et si vous avez eu le malheur de ne pas vous être levé assez tôt ce matin là, vous n’en aurez pas du tout.

De l’autre côté, il y aura ceux qui profiteront de la situation d’urgence pour vendre ces items à des prix exorbitants. Ils sont haïs de tous. On les traitera de crosseurs et de profiteurs de vouloir se remplir les poches grâce à la misère des autres et ils le sont probablement, mais ils auront de l’eau à vendre quand tous les autres n’auront plus une seule goutte. Devrait-on les en empêcher? Beaucoup d’états américains interdisent cette pratique et si vous approuvez de ce genre d’interférence gouvernementale dans le marché, c’est probablement parce que vous ignorez les conséquences.

Le système de prix

Ce qu’il faut comprendre est que dans l’économie, les prix fluctuent constamment au gré de l’offre et de la demande. Pour tout ce qui peut se vendre à n’importe quel moment donné, les quantités seront limitées. Si, pour un item en particulier, la demande excède la quantité disponible, les prix auront tendance à monter et plus la demande sera forte et plus les prix grimperont. À l’inverse, si un item est trop abondant, son prix baissera. L’effet de ces fluctuations de prix sera d’inciter d’une part les acheteurs de l’item qui est trop en demande à s’auto-rationner. Si un ouragan approche et que l’eau en bouteille est à $5 la caisse, vous allez probablement en emporter autant que vous pourrez. Si le prix grimpe subitement à $20 la caisse, vous allez certainement réviser la quantité à la baisse à un nombre plus réaliste. Ceci aura non-seulement l’effet d’étirer les stocks actuels et permettre à plus de gens d’acheter de l’eau, mais sachant qu’on peut vendre cette eau à quatre fois son prix normal, des gens d’autres régions hors de la zone de pénurie déploieront des ressources considérables pour apporter des caisses d’eau dans cette zone, permettant ainsi à d’autres de pouvoir avoir accès à de l’eau potable. Le système de prix agit comme un système automatique de rationnement.

À $5/caisse. Les gens emporteront jusqu’à 10 caisses (facilement), à $20 ils se limiteront probablement à 2 ou 3 caisses et à $50, ils n’en prendront qu’une. Si le magasin n’a que 100 caisses en stock, à $5 la caisse, 10 clients auront de l’eau, à $20 on aura de 30 à 50 clients qui sortiront avec de l’eau et finalement à $50 la caisse, 100 clients sortiront du magasin avec une caisse chacun. En plus, les prix plus élevés feront en sorte que des gens en dehors de la zone amèneront de l’eau le lendemain dans l’espoir de faire un coup d’argent et les magasins auront du stock sur les tablettes le lendemain, alors que si on laissait le prix à $5 la caisse, il n’y aurait aucun incitatif à se précipiter pour apporter des nouveaux stocks dans la région et la pénurie perdurera pendant des jours. Objectivement, on voit que si on laisse le prix augmenter, on a une meilleure allocation des stocks d’eau et on s’assure qu’il y aura un renouvellement rapide des stocks alors que si on empêchait ces prix d’augmenter, quelques gens se retrouveraient avec beaucoup plus d’eau qu’ils pourraient en avoir besoin, mais beaucoup seraient incapables d’en trouver et ils n’en trouveraient pas plus le lendemain ou le surlendemain.

Et les pauvres?

Vous allez certainement me dire «Ben oui! Et les pauvres vont souffrir si on laisse faire. Ils n’auront jamais les moyens de payer $50 pour une caisse d’eau! On ne peut pas en laisser certains s’en mettre plein les poches! C’est immoral!»

Oui, je comprends. Peu importe ce qu’on fait, des gens vont souffrir et n’auront pas suffisamment d’eau. Sauf que si on empêche les augmentations de prix, la crise durera plus longtemps et beaucoup plus de gens souffriront de la pénurie que si on laisse le système de prix faire son travail de rationnement.

Après le désastre…

Une fois l’ouragan passé, il faudra reconstruire. On aura besoin de beaucoup plus de matériaux de construction et de main d’œuvre qu’on aurait besoin en temps normal. Comment attirer ces ressources dans la zone sinistrée rapidement? En augmentant le prix de ces matériaux et la main d’œuvre bien sûr! Vous pouvez peut-être vous fier aux gouvernements, mais les bureaucraties gouvernementales sont souvent lentes à réagir . L’appât du gain donne généralement des meilleurs résultats peu importe ce que vous pouvez en penser. Le père de la science économique moderne, Adam Smith, parlait de la main invisible du marché. Le système de prix du marché fait en sorte que les mauvais traits humains comme l’avidité et l’appât du gain peuvent servir le bien commun. Une fois la situation d’urgence passée, l’offre et la demande feront en sorte de baisser les prix jusqu’à ce qu’ils retrouvent leur niveau normal et même un peu plus bas pour écouler les surplus.

Quand on vit dans une zone ou frappent des désastres de façon plus ou moins fréquentes, comme la Floride ou le Texas ou dans le fameux «Tornado alley» du mid-west, il est sage de toujours avoir des réserves. Vous vous évitez ainsi bien des ennuis et vous ne paierez pas des prix exorbitants pour des denrées essentielles par manque de prévoyance. Même ici au Québec, la tempête de verglas de 1998 a démontré que nous ne sommes pas à l’abri des sautes d’humeur de Mère Nature. Avoir le nécessaire pour survivre une situation d’urgence pendant une semaine n’est pas un luxe, même ici. La meilleure solution sera toujours de ne pas vous laisser prendre par surprise.

Cyberattaques : comment ne pas vous faire prendre.

Par Philippe David

Je travaille dans le milieu de la technologie de l’information depuis plus de 30 ans alors évidemment, une partie de mon travail comprend la gestion des risques de sécurité dans l’entreprise ou je travaille actuellement (dont je tairai le nom). Donc les cyberattaques comme celles de ce weekend sont une préoccupation quotidienne et je peux affirmer que ça tombe en plein dans mes cordes. Je suis heureux de dire qu’aucun de nos systèmes n’a été touché par cette attaque, mais ça n’empêche pas que nous recevons fréquemment le genre de courriel utilisé pour transmettre des virus comme le virus «Wannacry» (et oui, il porte bien son nom parce que si vous vous retrouvez infecté de ce virus, vous aurez certainement envie de pleurer). Une pièce-jointe dans un courriel est une méthode courante pour transmettre des virus à ceux qui ne portent pas top attention à ce qu’ils reçoivent.  C’est pourquoi certaines précautions s’imposent.

La vigilance est votre première ligne de défense

Même si votre ordinateur est équipé d’un logiciel antivirus, d’un pare-feu et que ceux-ci et votre système d’exploitation (Windows, par exemple) sont scrupuleusement maintenus à jour, ça ne garantit pas que vous ne pouvez pas être infecté. Des nouveaux virus surviennent fréquemment et de nouvelles failles peuvent être découvertes dans votre système d’exploitation et peuvent passer inaperçues pendant des semaines avant que les fabricants de ces systèmes en découvrent l’existence et colmatent la brèche. Pendant ce temps,  vous pourriez être vulnérable. Alors s’il est certainement nécessaire de maintenir vos logiciels de sécurité et votre système d’exploitation à jour,  la vigilance demeurera toujours de mise.

Les pirates informatiques aiment bien essayer de vous leurrer avec des courriels à l’allure officielle et des fichiers avec un nom qui suggère une facture ou quelque chose du genre.  Ce à quoi il faut porter attention c’est la provenance du courriel en premier. Est-ce qu’il provient d’une compagnie avec laquelle vous faites affaire? Si la réponse est non, alors il devrait d’ores et déjà être considéré comme suspect. Deuxièmement, est-ce que le document qu’il contenait était sollicité de votre part? Un fournisseur de service envoie rarement des fichiers que vous n’avez pas sollicités. Donc il y a peu de chance qu’un de vos fournisseurs vous envoie des fichiers sans que vous vous en attendiez. Un fournisseur ne vous enverra pas soudainement des factures par courriel si ce n’était pas convenu dès le départ qu’il vous les transmette de cette façon. Donc de recevoir une facture, comme ça, de façon inattendue, devrait faire sonner des clochettes dans votre tête.

Même si le courriel provient d’un ami, vous avait-il prévenu qu’il vous enverrait un fichier quelconque par courriel? Sinon, ce serait probablement une bonne idée de le contacter et vérifier si le courriel provient bien de lui. Beaucoup de virus, une fois installés dans votre système, vont utiliser votre liste de contacts de courriels pour s’auto-expédier à tous vos contacts donc c’est une sage précaution à prendre. Si votre ami est infecté, le courriel aura été envoyé à son insu et donc, quand vous le contacterez, il ne saura évidemment rien du courriel en question et vous saurez alors qu’il vaut mieux ne pas ouvrir ce fichier.  La règle d’or est de toujours se méfier des pièces jointes dans les courriels.

Avez-vous des copies de sécurité?

Une précaution qui est fréquemment oubliée c’est de faire des copies de sécurité. Pourtant, ce genre de précaution pourra toujours vous sauver la mise, non seulement pour les logiciels malveillants, mais pour toute sorte d’autres problèmes comme le bris de votre disque dur. Si vous avez des données importantes, c’est toujours une bonne idée de les préserver en les copiant ailleurs sur un CD, un DVD, une clé USB, un disque externe ou un disque nuagique comme Dropbox ou Google Drive (quoique je vous recommande de les encrypter si les informations sont confidentielles).

De façon générale, les virus sont souvent difficiles à éliminer et vont fréquemment détruire vos données ou les encrypter et les prendre en rançon comme Wannacry. Même si vous payez la rançon, rien ne garantit que le pirates vous fourniront la clé de décryptions. Si vous avez une copie de sécurité, vous pouvez aisément leur faire un doigt d’honneur et récupérer vos données sans leur «assistance». Vous pourrez aussi vous débarrasser du virus en reformatant  votre disque dur et en repartant à neuf, ce qui est souvent nécessaire pour certains virus récalcitrants.

Que faire?

Si vous recevez un courriel suspect, surtout n’ouvrez pas le fichier joint. Contactez le service technique de votre fournisseur internet ou de votre employeur et ils devraient pouvoir vous indiquer la marche à suivre pour leur expédier le courriel pour fin d’analyse. Ensuite supprimez le courriel. Je vous recommande d’utiliser un logiciel comme «bleachbit» (le logiciel utilisé par Hillary Clinton sur son fameux serveur) qui en supprimera toute trace sur votre disque.  Faites une vérification de votre disque avec votre logiciel antivirus de façon régulière.  Ça vous évitera certainement quelques larmes.

Pourquoi United Airlines mérite de se faire tabasser

 

Par Philippe David

Tabasser au sens figuré, bien sûr!

Si vous n’étiez pas au courant, une nouvelle a fait un véritable tabac sur les médias sociaux cette semaine. En effet, pendant que les américains s’apprêtaient à larguer la mère de toutes les bombes (MOAB) sur l’Afghanistan, United Airlines a commis la mère de toutes les bourdes en termes de relations publiques et de service à la clientèle et ça va probablement leur coûter très cher.

Les faits…

Dimanche dernier (9 avril), l’équipage d’un vol United Airlines en partance de Chicago vers Louisville au Kentucky a fait évacuer un passager manu militari hors de l’avion parce que celui-ci refusait de céder son siège à un de quatre employés de UA que la compagnie voulait envoyer à Louisville. Apparemment, après qu’une offre d’incitatifs financiers pour des volontaires n’ait pas trouvé de preneurs parmi les passagers, on aurait choisit au hasard quatre passagers auxquel on aurait demandé de libérer leur siège. Si les trois premiers passagers ont choisi de quitter l’avion sans faire d’histoires, un passager du nom de David Dao a refusé de quitter son siège et l’équipage a demandé à la police de l’aéroport Ohare de le chasser de force de l’avion. M. Dao a été bon pour quelques ecchymoses et lacération en récompense de sa résistance passive aux policiers. Il aurait ensuite réussi à retourner brièvement dans l’avion pour y être chassé de nouveau.

Monnaie courante

C’est monnaie courante de voir les compagnie aériennes vendre plus de sièges qu’il n’y en a dans l’avion (de toute évidence, elles ne sont pas trop ferrées en math) mais normalement le problème est réglé en empêchant les passagers en trop de monter dans l’avion et en leur offrant une compensation. Cette fois-ci cependant, les passagers étaient déjà tous embarqués dans l’avion quand les employés de United ont appris que quatre collègues avaient besoin de sièges à bord. Si c’est monnaie courante d’empêcher l’accès à l’avion aux passagers en trop et le contrat de transport entre UA et ses passagers le stipule clairement (règle 25), faire débarquer des passagers qui ont déjà embarqué et ont gagné leur siège ne l’est pas. Demander à des passagers qui ont payé leur billet et qui sont déjà installés dans leur siège à bord de l’avion pour céder la place à des employés de la compagnie est plutôt inhabituel en fait et il n’y a aucune provision à la règle 25 pour ça.

UA a bien une autre règle qui permet de forcer un client turbulent ou violent de débarquer de l’avion, le problème est que simplement protester et résister de quitter l’avion pour céder la place à un autre ne qualifie pas comme un comportement turbulent. Si turbulence il y a, elle a lieu c’était parce que les membres de l’équipage tentaient justement de forcer le passager à débarquer contre son gré. Il n’y avait aucune turbulence de la part de M. Dao avant cela.

Un fiasco

Dans ma vie professionnelle, les contacts avec les clients font partie de la vie de tous les jours et s’il existe une règle d’or dans ce domaine, c’est «le client a toujours raison»! Pourquoi? Parce que si vous êtes en affaires, c’est pour faire un profit et le meilleur moyen de faire un profit est de bien satisfaire vos clients pour qu’ils reviennent encore et encore. Si vous êtes chanceux, un client satisfait vous recommandera peut-être à un ou deux de leurs amis. Si vous offusquez un client, soyez assurés que tous leurs amis le sauront (et même les amis de leurs amis). Même si vous croyez que le client a tort, gagner un argument contre lui sera peut-être bon pour votre ego, mais il coûtera cher à votre portefeuille. Ultimement, c’est toujours le client qui gagne.

Imaginez que vous êtes à un restaurant avec votre tendre moitié et que vous attendez votre assiette principale quand le maitre d’ vient vous voir et vous dit: «Désolé monsieur, mais nous avons accepté trop de réservations ce soir et j’ai un autre couple qui attend pour cette table. Je suis vraiment navré, mais je dois vous demander de libérer votre table immédiatement ou je devrai demander à la sécurité de vous escorter.» Comment réagiriez-vous? Reviendriez-vous manger à ce restaurant? Probablement pas, n’est-ce pas? Être propriétaire du restaurant, je me serais profusément excusé auprès des clients  qui attendent leur table, je les aurait installés au bar et je leur aurait offert un verre aux frais de la maison et probablement un rabais substantiel sur leur repas. Ou, encore mieux, je tâcherais d’éviter de me retrouver dans ce genre de situation en premier lieu.

Qu’a fait United Airlines? Tout le contraire! Le PDG de la compagnie, Oscar Munoz ne s’est excusé du bout des lèvres d’avoir dû «ré-accommoder» les clients. Pas fort!

UA Munoz re-accommodate

Je doute fort que M. Dao soit très satisfait de ces excuses, et pas plus de la façon qu’il a été ré-accommodé. La réaction du public a été cinglante aussi. Toute la semaine nous avons été bombardés de méchants mèmes sur les médias sociaux (j’en ai partagé quelques-uns moi-même, hilarants!!)

Ce n’est qu’après cette réaction virulente et une chute marquée du titre de United Airlines que Munoz a finalement fait des excuses dignes de ce nom. Trop peu. trop tard. United Airlines aura fort à faire pour contrôler les dommages. Cependant la réaction à cet incident devrait donner de quoi réfléchir à ceux qui doutent de la capacité des marchés de s’auto-réguler. United Airlines s’est fait sévèrement rosser et n’est pas prêt de récupérer de ce fiasco. Je doute fort qu’ils refassent cette gaffe à l’avenir. C’est à souhaiter en tout cas.

C’est ça l’auto-régulation. Tu fais une gaffe et quand les consommateurs l’apprennent, ils te punissent. C’est comme ça que ça devrait toujours être. C’est ce qui garde les compagnies honnêtes bien plus que les réglementations de l’État.

Non, ce n’est pas du capitalisme.

Par Philippe David

Difficile de ne pas réagir à l’obscénité de ces augmentations que se sont données les dirigeants de Bombardier, mais les raisons pourquoi je les qualifierais d’obscène sont probablement différentes de celles de la plupart des chroniqueurs dans les médias. C’est d’ailleurs monnaie courante pour ces chroniqueurs de blâmer le capitalisme comme l’ont fait Mathieu Bock-Côté, Antoine Robitaille ou même Richard Martineau.  C’est bien trop facile de toujours se servir du capitalisme comme bouc-émissaire comme si d’avoir un gouvernement qui subventionne les entreprises à gauche et à droite 365 jours par année avait quoique ce soit à voir avec du capitalisme!

facepalm

Les grands champions

Au fait, combien de grandes entreprises ne sont pas subventionnées au Québec? Pas beaucoup! En fait, le Québec est depuis longtemps le grand champion toute catégorie du BS corporatiste. Désolé de vous l’apprendre, mais très peu de nos soi-disant «fleurons québécois» ne seraient encore solvables s’ils n’étaient pas solidement accrochés aux mamelles de l’état et Bombardier est certainement un des pires.

Soyons clairs, Ce n’est pas ça le capitalisme!!!

Le capitalisme, ce sont des entrepreneurs qui bâtissent des entreprises en risquant leur propre argent et celui d’actionnaires qui investissent volontairement dans ses idées. Quand Armand Bombardier a conçu et mis en marché sa première motoneige, il n’était pas allé quémander au gouvernement pour des subventions. Il a convaincu des investisseurs privés de lui avancer les fonds parce qu’il savait qu’il avait une grande innovation et ces investisseurs l’ont vu aussi et ils sont tous devenus très riches. Cependant, je doute qu’Armand Bombardier aurait été très fier qu’aujourd’hui son entreprise se maintient à flot en quêtant constamment au gouvernement et encore moins que ses successeurs en profitent pour s’en mettre plein les poches. S’enrichir en mettant en marché des innovations et en risquant ses propres sous est une chose. S’enrichir en pillant littéralement les contribuables en est une autre.

Les pillards

Dans son roman «La Grève» (Atlas Shrugged), Ayn Rand avait un terme particulier pour désigner des dirigeants d’entreprise qui s’enrichissent non pas parce qu’ils fournissent quelque chose d’utile aux consommateurs, mais plutôt parce qu’ils quémandent continuellement aux gouvernements. Elle les appelait des «pillards» («looters» en anglais).  Je n’ai pas de problème avec des dirigeants d’entreprise qui gagnent leur argent honnêtement en créant de la richesse, mais le tétage de subvention n’a rien à voir avec un talent quelconque de l’entrepreneuriat. C’est plutôt pénaliser les entrepreneurs plus productifs au profit des mauvais gestionnaires en forçant les contribuables à investir contre leur gré dans des entreprises qui peinent à survivre autrement.

Aucune entreprise ne vaut la peine d’être sauvée par les contribuables

Cruel, me direz-vous, mais vrai quand même. En subventionnant des entreprises comme nous le faisons, nous encourageons la mauvaise gestion et nous plombons notre économie. Si une entreprise est incapable d’être profitable, elle devrait faire faillite et être rachetée par quelqu’un qui saura utiliser ses ressources de façon plus efficace, sinon c’est un gaspillage de ressources. Peut-être que vous me direz que les compétiteurs de Bombardier Aéronautique comme Boeing et Airbus sont subventionnés eux aussi; oui et alors? Parce qu’on taxe les américains, les français et les britanniques pour offrir des avions à plus bas prix à des compagnies de transport aérien, ne veut pas dire que les québécois veulent aussi être taxés au profit de ces compagnies. Rien ne nous oblige à avoir un fleuron dans l’industrie aéronautique s’il est incapable de voler de ses propres ailes. Nous pouvons très bien investir notre argent et créer des emplois dans un domaine qui est plus profitable et qui ne nécessitera pas d’être constamment maintenu sur le respirateur. Remarquez que le phénomène n’est pas seulement au Québec. Il y a de nombreuses compagnies qui auraient longtemps dû faire faillite tant dans le reste du Canada que les États-Unis, mais comme je l’ai mentionné plus tôt, le Québec est le champion toutes catégories en BS corporatif et un des pires endroits pour l’entrepreneuriat et l’investissement privé.

Si subventionner tout ce qui bouge fonctionnait, il y a longtemps qu’on le saurait parce que nous serions la province la plus riche plutôt que la plus pauvre.

Sources:

Tableau BS corporatif: Statistique Canada: Tableau 384-0010
Tableau Entrepreneurs: Statistique Canada: Tableau 282-0012 et Tableau 051-0005
Tableau Investissements privés:  Statistique Canada: Tableau 032-0002

 

 

Le bon côté des choses

Par Philippe David

Depuis le mois de novembre dernier, les médias, autant américains que canadiens et québécois, sont aux prises avec une véritable crise d’hystérie. À les croire, on s’imagine que les États-Unis sont maintenant entre les mains de l’Antéchrist en personne. Rien de moins que le fils de Satan. On le comparait aux pires despotes de l’histoire avant même qu’il n’ait pris une seule décision. Après maintenant un peu plus d’un mois au pouvoir, il s’avère que l’hystérie n’était que cela. Une peur irrationnelle et injustifiée.

Si on doit en croire David French dans le National Review, non seulement Donald Trump, malgré son style, ne s’est pas montré comme étant le vil dictateur que la presse annonçait, mais il est moins autoritaire  que ne l’a été Obama jusqu’ici. Les gens des médias auraient donc intérêt à respirer par le nez s’ils veulent préserver le peu qu’il leur reste de crédibilité et rapporter et analyser plus sobrement les actions de M. Trump. Ils devraient aussi faire leur mea culpa d’avoir, pendant les huit dernières années, fermé les yeux sur pratiquement tous les actes qu’Obama avait perpétré durant sa présidence et qu’ils reprochent présentement à Trump. Jusqu’ici, Donald Trump n’a strictement rien fait que Barack Obama n’avait pas fait précédemment, mais parce que les gens des médias approuvaient des objectifs d’Obama, ils ont choisi l’aveuglement volontaire pendant les huit dernières années, et soudainement semblent se réveiller alors que maintenant, un président qu’ils n’aiment pas use des même pouvoirs. C’est difficile d’avoir pitié pour des gens qui croyaient que le président devrait avoir des pouvoirs quasi-illimités jusqu’à ce qu’ils réalisent soudainement que ces pouvoirs pourraient se retrouver dans ce qu’ils considèrent de «mauvaises mains» et se retrouvent maintenant en mode panique, incitant même à l’assassinat du président su Twitter. S’il y en a qui s’inquiétaient de la liberté d’expression sous Donald Trump, ils peuvent immédiatement se rassurer du fait qu’aucune de ces personnes n’a été arrêtée ou emprisonnée jusqu’ici. Mais si vous cherchez une raison pour laquelle Donald Trump s’est mis en guerre contre certains médias et journalistes jusqu’à les exclure de certains points de presse ou à refuser de répondre à leurs questions, je considère un appel au meurtre une excellente raison, pas vous?

En voyant cette vendetta des médias contre Donald Trump, est-il vraiment surprenant que le public fasse maintenant plus confiance au président qu’aux médias? Le problème avec les médias est qu’en agissant comme ils l’ont fait depuis l’élection présidentielle, ils se tirent dans le pied et donnent à Trump toutes les justifications nécessaires pour ne pas coopérer avec eux.

Malgré tout, je vois des points positifs au soudain réveil des médias et de la gauche. Leur peur irrationnelle de Trump leur a fait réaliser le danger de concentrer trop de pouvoirs dans les mains d’un seul homme. Ils voient maintenant que ces pouvoir peuvent se retrouver dans les mains de quelqu’un qui ne partagent pas leurs objectifs et même qu’ils pourraient se retrouver un jour dans les mains d’un véritable tyran, ce que les libertariens comme moi tentent de marteler dans leur caboche depuis des lustres. Je souhaite ardemment que les gens de la gauche commencent à s’interroger sur les dangers de la concentration du pouvoir de l’état et comment cet état peut devenir intrusif, maintenant qu’ils ont conscience que ce pouvoir est maintenant dans les mains d’un personnage qui leur est antipathique. Ils gagneraient maintenant à tenter de critiquer Donald Trump d’une façon beaucoup plus raisonnable, parce qu’il y a certainement des raisons très valables de le critiquer au-delà des accusations hystériques de racisme et d’autoritarisme. Peut-être qu’ils peuvent maintenant en revenir à leur véritable rôle de chien de garde du gouvernement plutôt que des meneuses de claques. C’est à espérer…

Quand la gauche dérape…

Par Philippe David

La gauche américaine est en voie de perdre toute sa crédibilité. Pendant qu’ici au Québec, nous étions encore préoccupés par les suites de la fusillade à la mosquée de Sainte-Foy, et aussi par le vandalisme d’une autre mosquée à Montréal; hier soir, le 2 février, à l’Université de la Californie à Berkeley, ironiquement le berceau du mouvement de la liberté d’expression pendant les années 1960, une émeute a eu lieu. Des incendies ont été allumées, des gens ont été battus à coup de pelles, bâtons, drapeaux ou aspergés avec du poivre de Cayenne et de nombreux actes de vandalisme ont eu lieu. Pourquoi? Pour empêcher un homme gai juif de prononcer un discours sur l’appropriation culturelle et les costumes d’Halloween politiquement corrects.

Peu importe ce que vous pouvez penser de Milo Yannopoulos, et je le trouve plutôt comique moi-même, aux États-Unis, il a le droit de dire tout ce qu’il veut et tout ceux qui affectionnent la libres-expression devraient défendre son droit qu’ils soient d’accord avec lui où non. Mais c’est devenu une habitude des gauchistes dans les universités de manifester parfois violemment contre tous les conférenciers de droite qui ont l’audace de vouloir prononcer un discours sur un campus et pas seulement aux États-Unis. Lorsque Ann Coulter a voulu livrer un discours à l’Université d’Ottawa, elle a dû renoncer quand une manifestation menaçait de devenir violente. Plus tôt aujourd’hui, Gavin McInness a été apergé de poivre de cayenne et a dû annuler un discours qu’il allait prononcer à l’Université de New York à cause d’une autre manifestation violente.

Pendant ce temps, sur les réseau sociaux, de nombreuses célébrités encourageaient les émeutiers et dans certains cas, à un coup d’état contre le Président Trump. Même le Maire de Berkeley, plutôt que de condamner les manifestants, pontifiait contre le discours haineux (de Yiannopoulos) et on soupçonne que la lenteur d’agir de la police aurait à voir avec un ordre d’en haut de se tenir à l’écart. Ils ne sont intervenus que lorsque la situation est devenue intenable.
uc berkeley jesse arreguin tweet

Les médias ont aussi appliqué leur biais actuel dans leurs reportages en appelant constamment l’évènement une «manifestation» plutôt qu’une émeute et en qualifiant les participants de «manifestants» plutôt que de les appeler des émeutiers. Par la même occasion, ils qualifiaient Yiannopoulos de troll ou d’extrémiste et ceux qui auraient voulu l’écouter de «suprématistes blancs» comme s’il s’agissait d’une réunion de nazis.

UC Berkeley CNN

Quelle importance, dites-vous? Parce que le choix des termes est important. Quand on en est rendu à des voies de faits, des actes de vandalisme et à créer le chaos dans les rues, ce n’est plus une manifestation, c’est une émeute et les participants ne sont plus des citoyens paisibles exerçant leur droit d’assemblée et de libre-expression, mais des criminels.  Quand à Yiannopoulos, quiconque a écouté de ses discours sait qu’il est posé, rationnel et que ses points de vue n’ont absolument rien d’extrémiste. Mais ses propos dérangent la gauche, tout comme tous les autres orateurs à la droite du centre. Milo Yiannopoulos a beau être un favori de l’alt-right, il refuse catégoriquement de s’étiqueter comme tel. Il préfère se dire libertarien et son discours est largement en ligne avec cette philosophie, mis à part son admiration Donald Trump.

Quand on crache en l’air…

… ça nous retombe sur le nez, dit le fameux dicton. Ce que tous ces gens ne réalisent pas c’est à quel point ils peuvent nuire à leur propre cause. Oui, ils ont empêché Yiannopoulos de livrer son discours, mais aussitôt arrivé à son hôtel, il ajoutait une vidéo sur Youtube et quelques heures plus tard, il était sur les ondes à livrer des entrevues et se poser en victime.

https://www.youtube.com/watch?v=RWo5F9vPNI0

Il faut vraiment être complètement bouché pour ne pas comprendre l’ironie de dénoncer ses opposants politiques comme étant des «fascistes» et des «nazis» en descendant dans les rue et en y semant le chaos, en vandalisant des guichets bancaires, en tabassant et en aspergeant de poivre de Cayenne tout ceux qui osent porter une casquette MAGA, ou en couvrant tout de graffitis disant «Kill nazis», «Kill fascists» ou «Kill Trump» et en se conduisant généralement comme… des fascistes et des nazis!

Parce que nous ne voyons pas les partisans de Trump utiliser la violence de cette façon. Nous ne voyons pas les Yiannopoulos, Coulter ou McInness inciter leurs fans à tabasser des démocrates. Mais en faisant ce qu’ils font, les gens de la gauche donnent toutes les munitions à Donald Trump de les réprimer… sévèrement. Et il le fera probablement avec la bénédiction de la population qui n’apprécie généralement pas quand des voyous détruisent sa propriété et de se faire tabasser simplement pour être d’une opinion contraire. Suite à l’émeute, le Président a d’ailleurs suggéré sur Twitter que puisque UC Berkeley était incapable de protéger la diversité d’opinion sur son campus, peut-être qu’elle devrait se passer de financement fédéral?

donald-trump-tweet-milo-yiannopoulos-berkeley-funding

La violence n’est pas un argument politique légitime  dans une société civilisée. La minute que vous recourrez à la violence, vous avouez que vous n’avez désormais aucun argument rationnel pour réfuter ceux de votre adversaire et vous venez de lui concéder l’argument. La gauche américaine a sérieusement dérapé ce 2 février et perdu tout haut-lieu moral.

 

Symptômes de l’agonie de l’Occident

Par Philippe David

Triste évènement qui est arrivé ce week-end. Trop triste pour le commenter à chaud. La violence sera toujours insensée. Je n’ai jusqu’ici que très peu commenté l’évènement sur les réseaux sociaux sauf pour offrir mes condoléances aux familles des victimes. Je voulais attendre plus d’informations plutôt que de parler à tort et à travers comme certains «nanalystes» qui ne sont qu’intéressés à nourrir un certain narratif. L’odeur de poudre s’était à peine dissipée dans cette mosquée de Sainte-Foy qu’on pointait déjà un doigt accusateur vers Donald Trump, les radios de Québec ou «l’extrême-droite» (comme si ça existait dans un Québec qui penche majoritairement à gauche). Aucun parti politique qui siège à l’Assemblée Nationale n’est résolument à droite. Ils sont centristes avec une légère tendance à gauche pour la plupart, mis à part Québec Solidaire qui est carrément à gauche sans aucune gêne. Le peu de partis de droite qu’il y a au Québec peinent même à être présents dans les sondages. Alors quand on me parle d’une montée de «l’extrême-droite», désolé, moi je me bidonne.  Tout au plus, on trouve quelques têtes brûlées sur les réseaux sociaux.

On trouvera toujours des racistes dans toutes les sociétés et il y aura toujours des timbrés abreuvés de haine. Le genre de haine derrière l’attentat de dimanche dernier est attribuable à cette mentalité qui nous amène à déshumaniser les individus pour ne voir que les attributs de leur appartenance à un groupe identitaire quelconque. Qu’il s’agisse de la race, de la religion, du genre, de l’orientation sexuelle ou de l’appartenance politique. Certains ne voient plus que ces traits, plutôt que de voir les individus pourtant uniques qui composent ces groupes et qui sont loin de tous avoir les mêmes idées.  Autant l’auteur de l’attentat n’est pas représentatif des québécois que ses victimes n’avaient un quelconque lien avec l’islamisme et le terrorisme. C’est ce qui arrive quand on identifie des hommes comme «musulmans» ou «arabes» plutôt que juste des hommes et des pères de familles. C’est plus facile de haïr les gens quand on peu tous les mettre dans le même panier et oublier leur individualité. Même les individualistes comme moi s’y font prendre quelques fois. La tolérance, c’est d’apprécier l’individu comme une personne unique plutôt que son appartenance à un groupe avec lequel il ne peut avoir rien en commun de plus que la couleur de la peau.

Ce à quoi nous assistons cependant n’a rien à voir avec de la simple bigoterie. Le mal est beaucoup plus profond. Les québécois sont nombrilistes et ne voient souvent pas beaucoup plus loin que leur petit village d’irréductibles gaulois entouré de camps retranchés anglo-saxons, mais le mal qui est derrière les évènements de dimanche n’est pas limité seulement au Québec. La seule raison pourquoi il se manifeste ici est peut-être que du côté identitaire, le peuple québécois a l’épiderme particulièrement sensible, isolé comme il est. Un petit îlot de francophonie dans un océan anglophone. Aussi est-il un peu plus jaloux de sa culture et craintif de toute menace envers elle. Tel est certainement notre héritage collectif. Mais ce malaise, il est partout en Occident.

La civilisation occidentale est malade. Elle se meurt lentement mais sûrement et je ne suis honnêtement pas certain qu’on peut sauver le patient. Les états-nounous ont besoin d’une population toujours croissante afin de nourrir leurs schémas de Ponzi qui auront tôt fait de s’effondrer avec la dénatalité. Ils doivent donc compenser leur manque de fertilité en ouvrant grand les portes à l’immigration. Le problème c’est qu’alors que pendant les grandes vagues d’immigration du passé, nous pouvions facilement trouver des immigrant de cultures similaires, nous nous retrouvons maintenant à devoir accepter de l’immigration d’endroits à la culture complètement différente de la nôtre. Qui plus est, alors que nos démocraties sont vieillissantes, essoufflées et décadentes, ceux que nous accueillons proviennent d’une culture relativement jeune et agressive et elle se considère plus vertueuse que la nôtre. Elle cherche plutôt à assimiler que d’être assimilée.

Comme ci ce choc culturel n’était pas suffisamment périlleux, nos politiciens semble se complaire à exacerber le problème d’intégration en menant d’une part une politique étrangère de bombardements continuels du Moyen-Orient qui ont mené à la fois à une montée du terrorisme et un raz-de-marée de réfugiés qui envahissent littéralement l’Europe actuellement et commencent à arriver ici; et d’autre part une politique domestique qui consiste largement à ghettoïser les immigrants tout en les courtisant pour des fins électoraliste au point que certains de demandent par exemple si Justin Trudeau ne s’est pas secrètement converti à l’islam, tellement il semble cajoler cette communauté. Sans compter l’influence grandissante de la gauche régressive, toujours prompte à étouffer tout débat raisonnable au sujet de l’immigration, reprochant inlassablement son intolérance à une civilisation pourtant des plus tolérantes de l’histoire et bien plus tolérante que les sociétés d’où proviennent les vagues d’immigration actuelles. Allez voir combien de clochers d’églises il y a dans les pays où l’islam est dominant.

Devant tout ça, doit-on vraiment être surpris que certains occidentaux se sentent menacés et impuissants? Doit-on leur reprocher leur inquiétude devant un influx de gens dont la culture leur semble diamétralement opposée à la leur et qui semblent résister de plus en plus à l’intégration? Ciel! Je suis surpris de ne pas en voir plus péter les plombs! Aussi devrait-on être surpris d’assister à la montée de leaders populistes comme Donald Trump, Marine Le Pen et Geert Wilders. On ne peut pas bousculer les gens ainsi sans s’attendre à un retour du balancier tout de même! Le problème, il ne vient pas de Donald Trump et encore moins des radios de Québec. Ils ne sont que les soubresaut d’agonie de la civilisation occidentale.

Rien ne peut justifier le meurtre d’innocents et les victimes dans cette mosquée ne méritaient pas de mourir. Ils sont les malheureuses victimes d’un jeu de pouvoir mondial. Je crains malheureusement qu’ils n’en seront pas les dernières.

La pétition des cigales

Une suite à la célèbre fable de Jean de la Fontaine

Par Philippe David

(Si vous ne vous vous souvenez pas de la fable originale, je vous recommande de rafraîchir votre mémoire.)

La cigale ayant été rondement rabrouée
Par la fourmi et son manque de charité,
Pris un moment pour savoir que faire.
De ce pas, elle alla voir ses compères.

«Cela ne se passera pas comme ça!»
Commença-t-elle à dire,
Avec les autres cigales, une pétition se mit-elle à écrire.
«Allons à la législature pour faire valoir nos droits!»
Et c’est ce qu’elles firent.

«Qu’il vous plaise Messieurs les députés,
D’entendre notre histoire d’injustice et d’iniquité.
Ayant chanté tout l’été
Et agrémenté vos journées,
Nous nous sommes retrouvées fort dépourvues,
Quand l’hiver fût venu.
Pas la moindre parcelle de vitamine ou protéine,
Pour nous sustenter, c’est la famine!

Les fourmis, quant à elles, ne manquent de rien
Elles en ont même plus qu’il n’en faut pour avoir le ventre plein.
Avec elles, nous avons plaidé,
De partager quelques bouchées.
Elles se sont montrées très déplaisantes.
Elles nous ont même accusées d’être fainéantes!
Mais jamais ont-elles voulu,
Nous consentir ne serait-ce qu’une miette de leur surplus.
De quel genre d’égoïsme doit-on être animé
Pour se complaire ainsi à laisser ses voisins crever?
J’ai ouï-dire que dans certaines contrées,
On contraint les égoïstes à la charité.
Nous croyons donc qu’il  serait opportun,
De faire de même aux fourmis au nom du bien commun.»

Des applaudissements fusèrent dans l’assemblée.
Au discours des cigales, beaucoup semblaient adhérer.
Une fourmi députée, suite au discours,
Au nom des siens y tenta recours.

«Chers confrères», dit-elle, «qu’il ne vous déplaise,
D’entendre l’autre côté de cette thèse.
Cet été pendant que les cigales chantaient,
D’arrache-pied, mes sœurs s’affairaient
À amasser victuailles et denrées
Car nous savions pertinemment
Que l’hiver viendrait inévitablement.
De tous, cette information est connue.
Nulle raison d’être pris au dépourvu.
Rien n’empêchait les cigales de faire de même,
Mais elles ont préféré la vie bohème
Elles ont le droit de décider comment mener leur existence,
Mais de leurs choix, elles doivent aussi subir les conséquences.
Ce ne serait pas leur rendre service
Que de les sauver des aléas de leurs vices
La véritable vertu est de prévoir
Et nos propres besoins bien pourvoir
Afin de ne point dépendre de charité.
Ce n’est point justice
Que de vouloir forcer autrui à payer pour ses vices
À quoi sert d’être prévoyant,
Si c’est pour payer pour des fainéants
Qui ne font pas le moindre effort
D’améliorer leur propre sort?»

Hélas, pour les fourmis,
Des députés, elles n’avaient guère d’amis.
Les arguments des cigales attirèrent la sympathie.
Tels sont les aléas de la démocratie.

De leurs surplus, les fourmis furent délestées.
Sous peine d’emprisonnement, si elles refusaient d’obtempérer.
Qu’à cela ne tienne, le printemps revenu,
Les insectes découvrirent que les fourmis avaient disparu.
Vers de plus clémentes contrées,
Elle se sont en allées.