Exiger un gouvernement responsable, est-ce si radical?

Tea party

Par Philippe David 

La semaine dernière, dans les pages du Prince Arthur Herald, l’éditeur-en-chef, Miguaël Bergeron a signé un texte où il se dissociait fermement d’une certaine droite représentée aux États-Unis par le mouvement des tea parties. Ce faisant, il a mis de l’avant plusieurs arguments pour justifier sa position.  J’ai un profond respect pour mon collègue et je considère qu’il est parfaitement en droit de s’associer ou de se dissocier de tout courant de la droite. Cependant, j’ai trouvé certains de ses arguments inexacts et un peu surprenants, venant de quelqu’un qui se dit de droite. J’aimerais donc ici amener un différent son de cloche au sujet.

Dans son texte, mon collègue formule des objections contre les tea parties en les caractérisant comme des partisans du libre-marché à tout crin, et tente de discréditer l’idée du libre-marché comme n’étant que « théorique ». Il enchaine aussi en disant que les tea parties sont les partisans d’un système de santé entièrement privatisé et aussi d’un système d’éducation universitaire entièrement privatisé. Puis il accuse les tea parties de considérer l’état comme un ennemi à abattre et il répond en vantant les vertus de l’état. À mon humble avis, mon collègue confond les teas parties avec le mouvement libertarien. Bien que ce mouvement compte plusieurs libertariens dans ses rangs, ce n’est pas un mouvement libertarien pour autant.

J’ai un gros défaut et c’est celui d’être très prolifique. J’ai tenté de répondre à toutes ces objections en 1200 mots, mais je n’ai pas réussi. Par souci de précision, je n’ai pas pu me résoudre à abréger mes arguments. J’avais peur de ne pas être bien compris. Je me suis retrouvé avec suffisamment de matériel non pas pour une chronique, mais trois. Je vais donc, dans cette première chronique, tenter de répondre aux objections sur les tea parties comme tel, puis dans la deuxième, je vais démontrer que le libre-marché n’est pas aussi théorique qu’on le pense et qu’il est possible d’avoir un système de santé et d’éducation universels sans qu’ils soient contrôlés par l’état. Dans le troisième volet, j’entends peut-être générer un véritable débat sur le rôle de l’état dans notre société. Je crois qu’un tel débat est légitime et nécessaire.

 

C’est quoi les Tea Parties vraiment?

 

Il existe beaucoup de mythes au sujet de ce mouvement, généralement colportés par des médias de gauche, c’est pourquoi je crois qu’un grand nombre de gens sont confus quant à la nature et les objectifs de ce mouvement. Je tiens donc à apporter quelques précisions importantes à ce sujet.

 

Premièrement, il s’agit d’un mouvement populiste et très décentralisé. Personne ne contrôle ce mouvement puisqu’il est composé de nombreuses factions indépendantes (Oubliez l’idée qu’il est contrôlé par les frères Koch ou qui que ce soit d’autre). Vous remarquez d’ailleurs que j’utilise le pluriel en parlant des tea parties. Ces factions peuvent tenir des positions largement différentes sur divers sujets, mais il y a deux grands thèmes qui les réunissent tous:
 

  1. La responsabilité fiscale: Les tea parties désirent que le gouvernement fédéral américain cesse de dépenser comme un matelot en permission. Leurs chevaux de bataille sont donc le retour à un budget équilibré et le remboursement de la dette. Ils s’opposent donc à tout projet de loi qui augmente indûment les dépenses du gouvernement et prônent des coupures drastiques de ces dépenses, afin que le gouvernement cesse d’hypothéquer les générations futures. Il me semble que ce discours ressemble en tout point celui de représentants de la droite québécoise.
     
  2. Le respect de la constitution: Dans ce domaine, les tea parties demandent que le gouvernement fédéral respecte les pouvoirs que lui a attribués la constitution. Ceci inclut :
    1.  le respect de tous les amendements du Bill of Rights (1 à 10), plutôt mal amochés grâce entre autre au Patriot Act et;
    2.  le respect des champs de compétence du gouvernement fédéral et des états, tel que spécifié dans le 10e amendement. Il me semble que ce dernier point devrait faire résonner une corde sensible au Québec.

 

Les positions des tea parties 

 

Dans les faits, les positions des tea parties ne diffèrent pas grandement des positions des membres du parti républicain, mais ils sont certainement plus vocaux et moins ouverts aux compromis. Le Pew Research center avait fait un sondage très intéressant à ce sujet qui détaillait l’adhérence des membres des tea parties à certaines positions, par rapport à celles des républicains qui ne s’associent pas à ce mouvement

 

Plafond de la dette : 69% des membres des tea parties considèrent qu’il n’est pas essentiel de relever le plafond de la dette, comparé à 44% pour le reste des républicains. Cette position est cohérente avec le fait que les tea parties désirent plutôt voir le Congrès faire les coupures qui s’imposent et présenter un budget équilibré, ce qui n’est arrivé récemment que sous l’administration Clinton, mais qui démontre quand même que c’est réalisable. Demander à son gouvernement de cesser de s’endetter n’est pas si radical que ça, à mon humble avis, considérant que la dette américaine a littéralement explosé sous George W. Bush et Obama.

 

Taille du gouvernement : 92% des tea parties sont en faveur d’un gouvernement plus petit, quitte à couper des services, comparativement à 67% des autres républicains. Les États-Unis ont été fondés suite à une révolte contre un gouvernement tyrannique, ce qui fait qu’une grande partie des américains ont une certaine méfiance de l’état. La constitution américaine a d’ailleurs été écrite de façon à limiter la taille et les pouvoir du gouvernement fédéral au profit des gouvernements des états, que les pères fondateurs considéraient comme plus près du peuple. La réduction de la taille du gouvernement fédéral a toujours été un des chevaux de batailles du parti républicain, même si « les bottines ont rarement suivi les babines ». Les tea parties le prennent juste un peu plus à cœur que les autres républicains.

 

Obamacare : 94% des tea parties désapprouvent de ce nouveau système comparativement à 80% des autres républicains. C’est donc dire qu’il n’y a rien d’exceptionnel dans leur position par rapport au reste de la droite américaine. Ceci ne veut pas nécessairement dire que les tea parties veulent un système médical entièrement privé pour autant, mais il faut rappeler qu’aux États-Unis, la santé publique est une juridiction des états et non du fédéral. Beaucoup désapprouvent de cette réforme pour ça. De plus, si Obamacare est si génial, pourquoi les législateurs se sont-ils exemptés?

 

Port d’armes : 93% des tea parties s’opposent au contrôle des armes comparativement à 68% des autres républicains. On voit donc que les tea parties sont très enthousiastes envers le port d’arme, mais une vaste majorité de la droite américaine aussi, méfiance du gouvernement oblige. (Ceci dit, je connais un grand nombre de membres de la droite québécoise qui opposent le contrôle des armes aussi pour les mêmes raisons.)

 

Pour le reste, les tea parties se distinguent à peine des autres républicains sur l’avortement, le mariage gai, la lutte contre le terrorisme et ses abus des libertés civiles, etc.

 

Pour ces positions, certains les considèrent des radicaux et même des terroristes potentiels. Que le gouvernement vive selon ses moyens et respecte ses compétences constitutionnelles, quelle notion radicale en effet! Personnellement, je ne vois pas comment on peut se dire de droite et être en grand désaccord avec eux.

Comment argumenter contre le contrôle des armes sans passer pour un fou furieux

 

Par Philippe David

Beaucoup d’encre a coulé depuis ce massacre dans une école au Connecticut, même de ce côté de la frontière. Notre première ministre n’a d’ailleurs pas perdu de temps à récupérer cet évènement à des fins partisanes, même s’il existait déjà un registre des armes à feu au Connecticut et que ça n’a rien fait pour prévenir ce triste évènement. Plus récemment, le polémiste Alex Jones a fait un passage remarqué à l’émission de Piers Morgan sur la chaine CNN. Jones était fin prêt à remettre Piers Morgan, reconnu pour ses tactiques de brute de cour d’école, à sa place, mais la faiblesse de ses propres arguments l’ont plutôt couvert de ridicule. Cependant, il existe plein d’arguments valides pour défendre la liberté de possession d’armes à feu qu’on peut utiliser sans passer pour un fou furieux comme Alex Jones.

Piers Morgan

Piers Morgan est un partisan convaincu du contrôle des armes et il accepte difficilement qu’on le contrarie dans ses convictions. C’est d’ailleurs un trait typique des gauchistes. Il n’est pas intéressé à avoir un débat rationnel, il est juste intéressé à diaboliser son adversaire. Nulle part est-ce plus évident que lors de son entrevue avec Larry Pratt, qu’il a couvert d’insultes. Mais si l’entrevue d’Alex Jones a été largement médiatisée, celle de Pratt est passée inaperçue. Pour les médias, majoritairement de gauche, qu’un des leurs fasse de l’intimidation est parfaitement normal, mais qu’un redneck républicain le fasse est une toute autre paire de manches. Mais malheureusement, les arguments de Jones étaient trop mal ficelés et il est devenu un embarras à sa cause. Voici plutôt la façon qu’il aurait dû argumenter avec quelqu’un comme Morgan.

Les guerres de chiffres

Piers Morgan aime beaucoup citer sa mère patrie en exemple en citant le nombre d’homicides par arme à feu et en le comparant avec celui des américains (il n’est pas le seul à le faire d’ailleurs). Or sa comparaison fait fi du fait que les États-Unis est un pays six fois plus populeux que la Grande-Bretagne. Dans les faits, 14 états américains ont moins d’homicides par armes à feu que la Grande-Bretagne et sur ces 14, un seul état a des restrictions sur les armes à feu (Hawaï). De toutes les juridictions américaines, le District de Columbia est la juridiction avec le plus haut taux de meurtres par arme-à feu et le plus haut taux de crimes violents. C’est aussi celle avec la règlementation la plus stricte sur les armes à feu. C’est fou comme c’est facile de faire un argument en faisant du cherry-picking. Cependant c’est un peu plus ardu quand on veut maintenir une certaine dose d’honnêteté intellectuelle. Oui, la Grande-Bretagne a un taux d’homicides par arme à feu beaucoup moindre que les États-Unis, mais en revanche, elle a aussi un taux de crimes violents 4 fois supérieur aux États-Unis. Peut-on affirmer que la Grande-Bretagne est moins violente que les États-Unis? En fait, pratiquement tous les autres pays normalement cités par les partisans du contrôle des armes, le Canada, la France, l’Allemagne, etc. ont des taux de crimes violents plus élevés que les États-Unis. Vous me direz que personne n’est mort de ces crimes, mais pour une femme d’être traumatisée à vie par un viol est-il beaucoup plus préférable? Surtout si les probabilités que ça lui arrive sont décuplées parce qu’elle ne peut pas s’armer pour se défendre et que les criminels le savent. Donc, si vous vivez dans ces pays, vous avez plus de chance d’être volé, violé, battu ou même blessé par toute sorte d’armes, qu’aux États-Unis.

Moins d’armes à feu = moins de meurtres = raccourci intellectuel

Les États-Unis comptent pour moins de 5% de la population mondiale, mais on y trouve entre 30% et 50% des armes privées au monde. 88.8 armes à feu par 100 000 habitants, pourtant leur taux d’homicides de 2.97 par 100 000 habitants n’est même pas proche de se classer premier au monde. Ils sont au 28e rang et de tous les pays qui le précèdent à ce classement, aucun ne figure ne serait-ce dans le top 25 du taux de possession d’armes. Le Honduras remporte la palme avec un taux d’homicides par arme à feu de 68.43 et un taux de possession d’arme de seulement 6.2 (égal à la Grande-Bretagne). Pourtant la Suisse, 3e au monde dans le taux de possession d’armes (45.7) a un taux d’homicides par arme à feu relativement faible de 0.77. Incidemment, le Canada se classe 13e au chapitre de la possession d’arme à feu (30.8/100 000) et son taux d’homicides par arme à feu est 0.51. Si on a le moindrement de rigueur intellectuelle, on doit forcément conclure qu’il est impossible de prouver une corrélation entre le nombre d’armes à feu et le nombre de meurtres par arme à feu.

Une définition brumeuse

On voit souvent Piers Morgan, dans ses entrevues, marteler le fait que les récentes fusillades ont presque toutes été faites avec la carabine AR-15. En fait, tout le débat aux États-Unis tourne autour des soi-disant « armes d’assaut ». Le Président Obama demande maintenant au Congrès de produire une loi pour bannir ce type d’arme. Cependant, il n’y a pas de définition claire de ce qu’est une « arme d’assaut ». L’AR-15, par exemple est une arme semi-automatique construite pour ressembler à une M4A1 militaire, mais ce n’est pas une carabine d’assaut. La M4A1 peut , en touchant un commutateur, passer de mode semi-automatique à complètement automatique. C’est quoi la différence? En mode automatique, une telle arme va tirer tant qu’on appuie la détente et peut tirer jusqu’à 950 balles à la minute, ce qui viderait un chargeur de 30 balles en quelques secondes. C’est effectivement une mitraillette et ce type d’arme est déjà banni, même aux États-Unis. Une arme semi-automatique ne tire qu’une seule balle lorsque la détente est appuyée et le mécanisme éjecte automatiquement la cartouche et en charge une nouvelle dans la chambre automatiquement. Dépendamment de l’agilité du tireur, ce genre d’arme ne peut tirer que 45 à 60 balles à la minute. Beaucoup moins que la version militaire et la même vitesse de tir que toutes les armes de chasse semi-automatiques et la plupart des armes de poing (qui sont également semi-automatiques). Quelle différence y a-t-il entre une soi-disant « arme d’assaut » et une carabine de chasse semi-automatique? Seulement des détails cosmétiques : un appui d’épaule ajustable ou escamotable, une poignée pistolet et un éliminateur de flash. Rien qui ne rende cette arme plus létale. Seule leur apparence permet de les confondre à des armes militaires. Pourquoi voudrait-on avoir de telles armes? La plupart des amateurs d’armes à feu trouvent leur allure militaire plutôt cool, mais au-delà des détails cosmétiques, elles sont faciles à manier et ont un faible recul, ce qui en fait des armes idéales pour le tir sportif, l’auto-défense ou la chasse au gros gibier.

Et le second amendement?

L’esprit du second amendement est de permettre aux citoyens de s’armer afin de pouvoir former une milice. Ce genre de mesure peut servir aussi bien contre un envahisseur qu’un gouvernement tyrannique. Et si vous croyez que le gouvernement des États-Unis ne peut pas possiblement devenir tyrannique, renseignez-vous au sujet de la section 1021 du National Defense Authorization Act qui a été votée récemment au Congrès et qui donne le pouvoir d’arrestation et détention illimitée sans procès à l’armée, sous les ordres du Président.

Une mesure futile

Selon une étude du département de la justice américain, les armes dites d’assaut sont statistiquement responsables d’environ 2% des crimes commis avec une arme à feu. Les bannir aura-t-il vraiment un effet sur le taux d’homicides commis avec des armes à feu? Apparemment, non. De 1994 à 2004, ces armes furent bannies et la capacité des magasins fût limitée à 10 cartouches. En 1999, Eric Harris a ouvert le feu sur les étudiants de l’école secondaire de Columbine avec une carabine de chasse semi-automatique munie d’un magasin de 10 coups. Pas moins de 13 magasins furent retrouvés et Harris a tiré un total de 98 balles avant de s’enlever la vie. La limite de capacité des magasins ne freine en rien les tueurs qui ne font qu’apporter un plus grand nombre de magasins. Changer de magasin ne prend que quelques secondes. Dans le cas des tueries de Tuscon et Virginia Tech, Loughner et Cho n’ont utilisé que des armes de poing. Cho avait avec lui 19 magasins à 10 coups et il en a vidé 17 avant de s’enlever la vie également. Comme vous pouvez le constater, bannir les soi-disant armes d’assaut ou limiter la capacité des magasins sont des mesures d’une futilité extrême pour réduire le nombre de meurtres par arme à feu, mais elles donnent bonne conscience aux politiciens et autres supporteurs du contrôle des armes.

Pas si bête, la NRA

Lorsque la NRA a suggéré de placer des gardes armés dans les écoles, j’ai vu beaucoup de commentaires du genre : « Ben oui! On va régler un problème causé par trop d’armes avec plus d’armes! » D’abord, comme je l’ai démontré plus haut, il est loin d’être prouvé que le problème est causé par un surplus d’armes. D’autres pays ont des taux d’homicide bien pire que les États-Unis tout en ayant des taux de possession d’armes comparable à la Grande-Bretagne. Secundo, ce genre de commentaire plutôt crasse présuppose qu’une arme dans les mains d’un garde armé ou même dans les mains d’un enseignant équivaut une arme dans les mains d’un tueur fou ou d’un criminel. C’est plutôt stupide comme affirmation. C’est un peu comme dire que l’arme a une volonté propre, indépendante de qui la manie. Toujours est-il que si Kimveer Gill a fait si peu de victimes au Collège Dawson, c’est probablement parce qu’il y avait un policier du SPM sur les lieux, ce qui a grandement accéléré le temps d’intervention. Les victimes des deux autres massacres montréalais et celles de Virginia Tech et Sandy Hook n’ont pas eu cette chance.

 

 

 

Quoi faire alors?

Si les américains voulaient vraiment réduire leur taux d’homicides par arme à feu, ils devraient commencer par abandonner leur stupide guerre contre la drogue. La grande majorité des meurtres chez nos voisins, sont attribuables au monde du crime organisé. Pour le reste, un meilleur dépistage des maladies mentales pourrait certainement aider. Mais attendez-vous à ce que ces solutions soient rejetées. Ceux qui comme Piers Morgan, claironnent pour le contrôle des armes à feu ne sont pas intéressés à débattre pour trouver des solutions réelles et efficaces. Ils ne sont intéressés qu’à imposer leur propre vision, par la force de préférence.

Références

http://www.guardian.co.uk/news/datablog/2012/jul/22/gun-homicides-ownership-world-list

http://www.guardian.co.uk/news/datablog/2011/jan/10/gun-crime-us-state

http://www.sas.upenn.edu/jerrylee/research/aw_final2004.pdf

 

 

Élections présidentielles américaines : Barack Obama est réélu

Par Simon Leduc

Mardi dernier, on a assisté à une des élections présidentielles les plus chaudement disputées de l’histoire des Etats-Unis d’Amérique. Plusieurs observateurs (dont l’auteur de ces lignes) croyaient que l’état difficile de l’économie (un taux de chômage élevé) allait permettre aux Grand Old Party de reprendre le contrôle de la Maison-Blanche. Ce ne fût pas le cas, le président sortant a été réélu pour un deuxième mandat à la tête de l’exécutif américain. Comment peut-on expliquer la défaire de Mitt Romney? Allons voir cela de plus près.

Les républicains doivent faire le post mortem de leur défaite

Lors de son premier mandat, Barack Obama a été un président très dépensier. Il a mis en place un plan de relance économique qui a coûté un faramineux 787 milliards de dollars aux contribuables américains. Cela n’a eu aucune conséquence sur l’économie américaine. Le taux de chômage est plus élevé que lors du départ de Georges W. Bush en janvier 2009. Le président sortant a concocté un méga plan de sauvetage des géants de l’automobile (Ford, GM, etc.). Cela a permis de sauver cette industrie mais à un coût très élevé pour l’américain moyen. La réforme du système de santé américain (l’Obamacare) a été la pierre de lance de la présidence Obama. Cela a permis à des millions d’avoir accès à une assurance santé. C’est la seule mesure positive de M. Obama sur le plan de la politique intérieure.
Malgré le bilan médiocre du locataire de la Maison-Blanche, Mitt Romney n’a pas été en mesure de le vaincre et de s’installer dans le bureau ovale pour quatre ans. Il y a deux éléments qui peuvent expliquer la défaite de l’ancien gouverneur du Massachussetts.
Tout d’abord, l’électorat hispanique a voté à la hauteur de 70% pour le démocrate. Les latino-américains ont tourné le dos au GOP à cause de la fermeture de celui-ci concernant la régularisation de l’immigration clandestine. Barack Obama a promis de légiférer sur cela lors de son deuxième mandat. L’aile radicale du Parti républicain s’est toujours opposée à la régularisation des immigrants clandestins. Cela a beaucoup nuit à Mitt Romney dans sa tentative de séduction de cet électorat. Georges W. Bush était un modéré sur cette question et cela lui avait permis d’obtenir une bonne part du vote hispanique en 2000 et 2004. Celui-ci est pourtant conservateur sur le plan social (la famille traditionnelle, il est contre le mariage gai, etc.) et il devrait normalement appuyer les républicains. Les Hispaniques vont représenter de plus en plus une forte proportion de la population américaine dans les années à venir. Les républicains vont devoir les séduire en modérant leur position concernant l’immigration clandestine.

Ensuite, Mitt Romney n’est pas un véritable conservateur sur le plan américain. Lors de son mandat de gouverneur du Massachussetts, Mitt Romney a mis en place des politiques centristes comme sa réforme du système de santé de l’État. Lors de la course à l’investiture républicaine, l’aspirant républicain a dû se présenter comme un conservateur radical sur le plan social (contre l’avortement et le mariage gai). Il devait faire cela afin de devenir le candidat présidentiel du GOP. En jouant sur les deux terrains idéologiques, il s’est mis à dos l’électorat centriste et les conservateurs sociaux. Avec un véritable conservateur fiscal, le Parti républicain aurait facilement battu le président sortant. Le GOP a dû succès aux élections présidentielles lorsqu’ils choisissent un vrai conservateur comme candidat : Ronald Reagan en 1980 et 1984 et Georges W. Bush en 2000 et 2004. Tandis qu’il se fait ramasser avec un modéré comme candidat : Bush père en 1992 et Bob Dole en 1996. Si les républicains veulent retourner à la Maison-Blanche le 20 janvier 2017, ils vont devoir choisir un candidat véritablement conservateur comme Chris Christie (le gouverneur du New Jersey, Jed Bush (le frère de W. Bush) ou Marco Rubio (un membre de la communauté hispanique.

Le parti de Lincoln a quatre ans pour se préparer pour la présidentielle de 2016. Un rapprochement envers l’électorat hispanique et le choix d’un vrai conservateur sont deux éléments qui seront essentiels à la victoire républicaine. Est-ce que le Parti républicain vont aller dans cette direction? C’est à suivre…

Un autre quatre ans… d’incompétence

Par Philippe David

Ce mardi, les américains ont choisi. Ils ont choisi de poursuivre les politiques qui les gardent dans le marasme économique et une dette astronomique. Ils ont choisi de garder un président qui a haussé leur dette d’autant en quatre ans que son prédécesseur l’a fait en huit. Si Obama poursuit les mêmes politiques, la dette américaine dépassera certainement 20 billions avant la fin de son deuxième terme.

Les chiffres ne mentent pas. Les politiques économiques d’Obama ont été un retentissant échec. Le seul secteur en croissance a été le gaz de shale et le secteur public, mais même le gaz de shale ne suffit pas et le secteur public n’est pas une richesse, c’est un parasite qui vampirise l’économie américaine. Même si  l’IPC ne le montre pas tellement, l’inflation est bien là. Elle fait monter les carburants et les denrées alimentaires en flèche. Comme par hasard ces prix sont exclus de l’IPC. Je me demande pourquoi?  En fait, non, je sais exactement pourquoi. Pour la même raison que les statistiques de chômage ne reflètent pas la réalité non plus. Pourquoi importuner la population avec la vérité que peu importe celui qui siège dans le bureau ovale, c’est en réalité Goldman Sachs et la Réserve Fédérale qui gouvernent le pays. Les assouplissements quantitatifs (QE1, QE2, QE3, etc.) n’ont enrichi que les banquiers de Wall Street. Combien de billions de billets verts vont-ils imprimer avant de réaliser que d’imprimer des billets ne crée aucune richesse et qu’au contraire, ça ne fait que dilapider les maigres économies des retraités et de la classe moyenne?

Apparemment, quatre années de croissance anémique et d’appauvrissement n’ont pas suffi pour convaincre les américains qu’un véritable changement de cap s’impose. Ça prendra probablement une autre guerre contre un autre ennemi imaginaire pour les réveiller. Il n’y a rien comme une bonne guerre pour camoufler une dépression. C’est ce que FDR a prouvé. Surplus de chômage? Il n’y a qu’à envoyer plein de soldats outre-mer pour servir de chair à canon et détourner la production industrielle vers la production de bombes pour donner une illusion de prospérité, sans dire au bon petit peuple que la destruction n’enrichit que les marchand d’armes, pour l’économie, détruire et rebâtir a toujours été une perte nette.

Mitt Romney aurait-il pu faire mieux? Pas sûr. Mais quand je regarde les chiffres, je me dis qu’il aurait difficilement pu faire pire. C’est malheureux pour les américains, mais apparemment, leur calvaire ne fait que commencer

Tueur solitaire ou pion?

 

Par Philippe David

 

Loin de moi l’idée de vouloir faire de la récupération politique ou de verser dans le complotisme, mais cette tragédie sent mauvais. Mise à part la perte de vie insensée, plusieurs détails de cette histoire me chicotent. Des détails qui remettent sérieusement la thèse que Holmes aurait agit seul et qu’il soit seulement un fou psychopathe.

De l’équipement dispendieux et sophistiqué

Selon tous les reportages et témoignages, Holmes aurait pénétré dans le cinéma, non seulement avec plusieurs armes, mais équipé avec tout l’attirail du policier de l’escouade tactique. Une veste pare-balle, des protecteurs d’entre-jambe, des jambières, un combinaison typique des escouades tactiques et même un casque ballistique en kevlar. Il avait avec lui deux armes de poing, une carabine d’assaut et un fusil à chevrotine (shotgun), ainsi que plusieurs chargeurs et des munitions et des grenades fumigènes. De plus, il aurait piégé son appartement avec ce que les policiers ont décrit comme des engins explosifs sophistiqués et des incendiaires. Même en supposant que tout ce kit du parfait soldat soit facilement achetable au Colorado (et rien n’est moin sûr), les coûts sont plutôt prohibitifs. J’ai visité quelques sites web pour vérifier les prix. Les armes auraient été acquises légalement, donc je suppose qu’il a payé le prix légal. Les armes de poing coûtent typiquement $500 chacune, Une carabine d’assaut de type M16 coûte plus de $1000. Une veste pare-balle coûte environ $800, le casque peut aller entre $250 et $1000. Sans compter les munitions, les explosifs et tout le reste. Au bas mot, notre tireur disposait de plus de $10 000 en équipement et certains items ne se trouvent pas à tous les coins de rue. Comment un étudiant en médecine, présumément sans un sou (les études en médecine coûtent cher) et sans connections militaires, a-t-il pu mettre la main sur tout cet équipement? C’est pas comme si il pouvait financer ça avec ses prêts et bourses. Et si l’argent ne venait pas de lui, alors de qui?

Un appartement piégé à l’os

Les portes-parole de la police locale ont décris les pièges installés dans l’appartement de Holmes comme étant très sophistiqués. Où a-t-il acquis les connaissances pour pouvoir construire de tels engins. Je veux bien croire que l’on puisse obtenir des informations sur la fabrication de bombes maison sur l’internet, mais il semble que les connaissances de James Holmes soient de loin supérieures à ça. Et tout ça pendant qu’il suivait des études en médecine et sans aucun entrainement militaire? Ça semble un peu improbable.

Un comportement étrange

Il sera toujours difficile de déterminer se qui se passe dans la tête d’un tueur, mais le comportement de Holmes est plutôt étrange. Il se présente dans un cinéma armé jusqu’au dents, il tire dans le tas, tuant une douzaine de personnes et en blesse une cinquantaine d’autres. Puis il se rend calmement aux policiers et les informe des pièges dans son appartement. Pourquoi aurait-il fait ça? S’il était vraiment un psychopathe, pourquoi placer des bombes dans son appartement et ensuite informer les flics? Ce n’est pas la nature d’un psychopathe d’avoir des remords. À moins que le type ne soit pas psychopathe du tout et qu’il suivait un plan quelconque. Mais pourquoi? Dans quel but?

Bref, cette histoire a plus d’un élément pour faire la joie des complotistes. La question qui tue serait de savoir qui bénéficierait le plus d’un tel évènement? J’aurais tendance à imaginer ceux qui tiennent à contrôler ou bannir les armes à feu dans ce rôle, pas vous? La majorité des américains tiennent encore férocement au second amendement de leur constitution (et avec raison, selon moi), mais multipliez les tueries et l’opinion publique pourrait bien changer.

Soit dit en passant, la première chose qui arrive lorsqu’une dictature s’installe, c’est le désarmement de ses citoyens. Viennent ensuite les génocides et les meurtres contre la population désormais sans défense. La liberté implique qu’un tueur fou pourra de temps en temps causer un carnage, mais ce n’est rien comparé aux crimes qui ont été commis par des gouvernements qui ont obtenu le monopole total de la force.

9/11: 10 ans après

En ce 10e anniversaire des attentats du 11 septembre, je me permet de reproduire un texte que j’ai initialement publié sur Le Minarchiste Québécois et qui était intitulé « Blowback«

On voit beaucoup d’encre couler au sujet de cette mosquée et centre communautaire islamique qu’on projette de construire près de l’ancien site des tours jumelles du World Trade Center. Certainement c’est un sujet délicat pour les familles de ceux qui ont perdu la vie dans les attentats du 11 septembre 2001. Au-delà du fait que ce projet est parfaitement légitime du point de vue légal, les opposants à ce projet projettent la responsabilité de cet évènement sur les mauvaises personnes. Ce n’est ni l’Islam, ni les musulmans qui sont en cause, quoique je l’ai crû pendant longtemps.

Les évènements historiques ne se produisent jamais à partir d’un vide et ne doivent jamais être considérés isolément des facteurs qui pourraient en être la cause. Ainsi, il y avait un bon moment que le gouvernement américain s’attendait à un attentat quelconque en réponse à son traitement de l’Irak. L’attentat, certes tragique, du 11 septembre et ses quelques 3000 victimes s’est avéré être cette réaction. Sans vouloir rien minimiser, le nombre de victimes de cet attentat n’est rien comparativement à plus d’un million de victimes, la plupart des enfants, des sanctions économiques des Nations Unies, commanditées par les États-Unis et le Royaume-Unis, contre l’Irak pendant toute une décennie.

Il fût peu question pendant cette période de l’effet de ces sanctions sur la population irakienne ou de la façon qu’elles étaient perçues par le monde arabe, mais elles n’ont certainement pas mené aux résultats escomptés par l’administration Bush sr et celle de Bill Clinton. Alors que l’objectif était d’ameuter les irakiens contre Saddam Hussein, elles n’auront servi qu’à démoniser encore plus les américains aux yeux des arabes.

Pendant la première guerre du Golfe en 1991, les forces alliées ont systématiquement attaqué le réseau électrique irakien, ce qui eût pour effet de complètement annihiler la capacité des irakiens de faire fonctionner leurs usines d’épuration d’eau. Étant incapable de se fournir en eau potable et se voyant systématiquement refuser le droit d’acheter les pièces nécessaires à la réparation de son réseau électrique. On estime qu’entre 1991 et 1996, plus de 500 000 enfants ont péri de maladies reliées au manque de sanitation et à la malnutrition.

En mai 1996, lorsqu’interrogée à l’émission 60 Minutes du réseau CBS si après la mort d’un demi-million d’enfants le prix en valait la peine, Madeline Albright, l’ambassadrice des É-U à l’ONU a répondu candidement : «Je crois que c’est un choix difficile, mais oui nous croyons que le prix en valait la peine.» Ce manque total de remords de la part du gouvernement américain n’a pas été sans laisser une impression durable sur la psyché collective des arabes. Ajoutez à ça leur soutien inconditionnel d’Israël et il fallait bien qu’un jour ça éclate.

Durant la campagne présidentielle de 2008, lors du débat des primaires du parti Républicain, Ron Paul s’était attiré les foudres de plusieurs membres du GOP lorsqu’il a soutenu que les évènements du 11 septembre n’étaient pas le fruit d’une haine de la liberté et du niveau de vie des américains, mais le fruit de leurs actes au Moyen-Orient. Il a mentionné alors le terme qu’utilise la CIA pour ce genre de rétribution : «blowback». C’est triste à dire, mais ce n’est pas l’Islam qui est à blâmer pour les attentats du 11 septembre, mais bien l’étatisme et l’impérialisme américain. Et sa première victime fût notre liberté.

Lectures complémentaires :

American Policy Gave Hussein Reason to Deceiveby Stanley Meisler Los Angeles Times

Sanctions: The Cruel and Brutal War Against the Iraqi People, Part 1by Jacob G. Hornberger Future of Freedom Foundation

Iraqi Sanctions: Were They Worth It?by Sheldon Richman Future of Freedom Foundation

Iraqi Sanctions and American Intentions: Blameless Carnage? Part 1by James Bovard Future of Freedom Foundation

Cool War: Economic Sanctions as a Weapon of Mass Destructionby Joy Gordon Harper’s Magazine

The Secret Behind the Sanctions: How the U.S. Intentionally Destroyed Iraq’s Water SupplyBy Thomas J. Nagy The Progressive

L’illusion des billets de banque

Bonne nouvelle! Il n’y a aucune chance que les États-Unis fassent défaut sur leur dette! En effet, Alan Greenspan, ancien président de la Fed (la banque centrales aux ÉU), affirme qu’il ne suffit que d’imprimer plus d’argent1. Bien que ce type de discours n’est pas surprenant venant d’un ancien de la Fed, il l’est venant d’un économiste de sa trempe. En effet, l’impression massive de billets de banque n’a jamais causé autre chose que des problèmes.

 

L’exemple classique des méfaits de l’impression d’argent est évidemment la République de Weimar. Suite à la Première Guerre mondiale, l’Allemagne s’était fait imposer d’immense frais punitifs parce qu’elle était supposément la seule responsable du conflit. Comme les réparations devaient être payées en mark or, il ne pouvait y avoir que deux façon de payer : augmenter les impôts ou imprimer de l’argent. Berlin a choisi la seconde option, et ce fut un désastre.

Entre août 1922 et novembre 1923, l’offre de mark a augmenté de 7,32 milliards2 (G) – on imprimait 7,32 G fois plus de marks qu’à la normale. Mais comme l’économie allemande n’a pas autant augmenté aussi rapidement, il y avait donc un large surplus de billet de banque. Et comme dans toute chose, un surplus d’offre cause une chute de son prix. Dans le cas de la monnaie, augmenter autant son offre fait qu’un billet perd rapidement de sa valeur. Ainsi nait l’hyperinflation : les gens se départissent de leur argent rapidement (achats) afin de ne pas payer cette taxe indirecte qu’est l’inflation. L’argent devient donc une patate chaude que les gens s’échangent à une vitesse vertigineuse. Résultat : l’inflation mensuelle était de 322 %; ce qui coutait 1 $ coûtait 1,41 $ le lendemain. L’hyperinflation allemande a été stoppée lorsque le Rentenmark a été adopté, remplaçant l’ancien Deutsche Mark3. Le Rentenmark, puisqu’il avait sous garantie des biens industriels réels, a rétabli la confiance des gens et des marchés et ainsi freiné l’hyperfinflation.

 

Encourager les mauvais investissements

 

Toutefois, l’impression massive de billets ne cause pas nécessairement d’hyperinflation, comme c’est le cas au Japon4. L’inflation depuis avril 1991, époque à partir de laquelle la Banque du Japon a commencé la diminution constante de son taux directeur5, n’a jamais vraiment dépassé les 2 %. Malgré tout, la croissance économique est demeurée anémique durant cette décennie, qui fut qualifiée de perdue6. Même à ce jour, la confiance des entreprises n’a jamais atteint le sommet (sur une période de 30 ans) de 19897.

 

Pourquoi une croissance si faible? Suivant la logique keynésienne, le Japon aurait dû renouer avec la croissance dès l’instant où la Banque du Japon a diminué son taux directeur. Cela encourage les banques à prêter les les consommateurs à consommer. Si c’était si facile alors la République de Weimar serait vite devenue une puissance mondiale, de même que la Russie et le Brésil dans les années 908.

 

La croissance faible vient justement du taux d’intérêt ridiculement bas qui persiste dans l’Empire du Soleil levant depuis presque 20 ans. L’école autrichienne d’économie, rendue célèbre par Ludwig Von Mises, nous enseigne que les cycles économiques sont causés principalement par les banques centrales qui manipulent les taux d’intérêts. Sans une telle institution, le taux d’intérêt représente l’équilibre de l’offre et de la demande d’épargne. Les entreprises investissent donc selon les préférences des consommateurs; un 0taux d’intérêts à la baisse montre que les consommateurs épargnent plus et vice-versa.

Toutefois, quand les taux d’intérêts sont artificiellement diminués, ce signal disparaît. Les entreprises engagent donc des investissements qui ne sont pas nécessairement supportés par de l’épargne. Plus les taux d’intérêts sont maintenus trop bas trop longtemps, plus les erreurs se généralisent, que ce soient des entreprises qui augmentent trop leur capacité de production sans que la demande augmente ou des banques qui prêtent à des emprunteurs insolvables. Cette croissance économique est donc illusoire, comme ce fut le cas aux États-Unis jusqu’à l’éclatement des bulles technologiques et immobilières en 2000 et 2008, respectivement. Quand les bulles éclatent (récession), il n’y a qu’une chose à faire : ne rien faire. En effet, il faut permettre à l’économie de recouvrer seule son équilibre sans que le gouvernement n’intervienne. Sinon, une récession devient une Dépression ou, dans le cas du Japon, deux décennies perdues.

 

Voilà donc ce que Washington devrait faire pour revigorer son économie : ne rien faire, ou plutôt cesser d’intervenir dans l’économie comme il le fait. Le problème actuelle de dette en est un uniquement de dépenses; elles ont augmenté de façon presque constante depuis 1965, contrairement aux revenus9. Comme imprimer plus d’argent n’est pas une solution viable, il faut donc que le gouvernement fédéral respecte l’esprit de sa propre constitution et cesse de dépenser là où il ne devrait pas (éducation, routes, assurance-santé, caisse de retraite, etc.).

Oh, c’est sûr que ça va faire mal pour un certain temps. Mais comme l’a démontré Warren Harding en 1920, laisser l’économie se stabiliser par elle-même est la meilleure des solutions. Sa non-intervention au coeur d’une récession sévère – il avait même diminué les impôts et coupé les dépenses – a permis au pays de reprendre du poil de la bête en moins de deux ans.