Multiculturalisme: Un poison enrobé de sucre

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Par Philippe David

C’est arrivé encore! Le grand Maxime s’est mis les pieds dans les plats et s’est une fois de plus trempé dans l’huile bouillante en osant questionner le dogme du multiculturalisme canadien! Pauvre Maxime! Ne sait-il donc pas que tous ceux qui questionnent cette idée seront inévitablement censurés et traités de vilains épithètes tels que raciste, xénophobe, islamophobe et suprématiste blanc? Si difficile d’être un libre-penseur libéral (au sens classique du terme) en cette époque de rectitude politique débridée! Évidemment oui, je suis certain qu’il le sait, mais il l’a fait quand même parce que s’il est quelque chose que j’ai pu observer de la carrière politique de Maxime Bernier, c’est qu’il a toujours été franc et honnête, des qualités qui, force est de l’admettre, sont plutôt rares chez un politicien.

C’est quoi le multiculturalisme?

Avant de débattre des mérites de la sortie de Maxime Bernier, il faudrait d’abord et avant tout s’entendre sur la définition du terme «multiculturalisme». Certains croient que ça veut dire que tous les individus, peu importe leur origine, méritent d’être égaux devant la loi et doivent jouir du même respect de tous les autres. Si c’était ça, je n’aurais aucun problème, mais ça ne l’est pas. C’est même tout le contraire. Selon le Dr Salim Mansur, auteur du livre «Delectable Lie: a liberal repudiation of multiculturalism» et un des plus éminents critiques de cette doctrine, c’est l’idée que toutes les cultures s’équivalent et méritent le même respect. Dans ses propres paroles lors d’une entrevue avec le Prince Arthur Herald (traduction libre):

«C’est comme de la barbe à papa; c’est sucré, c’est bon, c’est duveteux, mais quand on y touche il n’y a rien, votre doigt passe à travers. De la même façon, le multiculturalisme n’a aucune substance. Selon moi ce n’est pas une philosophie, c’est seulement une affirmation qui a été lancée que toutes les cultures sont égales et demandent un respect égal.»

Le Dr Mansur est bien placé pour vous en parler. Si ce n’était pas pour son opposition au multiculturalisme, il pourrait en être le «poster boy». Il est né à Calcutta aux Indes qui est probablement le pays le plus diversifié qui soit. Il est un musulman pratiquant et il a le teint foncé, ce qui le place au sommet du totem de l’oppression de la gauche post-moderniste, mais voilà, ô comble de malheur, il est libéral jusqu’au bout des ongles et est un solide défenseur de la liberté individuelle. Le Dr Mansur sait exactement ce que c’est de vivre au sein d’un pays culturellement diversifié et il ne se gêne pas pour dire que l’idée que toute les cultures s’équivalent est pure sottise.

Toutes les cultures s’équivalent? Vraiment?

Un certain blogueur de ma connaissance, dont je tairai le nom, a affirmé sur sa page Facebook que le multiculturalisme est un sous-produit du libéralisme. Il a tout faux. Dans la même entrevue avec le PAH, le Dr Mansur répond à cette affirmation (ma traduction libre, encore une fois):

«Le multiculturalisme déplace la responsabilité de l’individu au collectif; c’est tout le problème de l’identité est des droits collectifs en opposition aux droits individuels.

La notion de droits individuels est un développement unique de l’Occident. Il n’y a aucune autre civilisation dans l’histoire-et il existe d’autres civilisations plus anciennes que l’occident, des civilisations vivantes, la Chine en est une, l’Inde en est une autre- aucune autre civilisation n’a développé un concept de liberté et droits individuels et mis en pratique comme l’Occident.

Dans les temps modernes nous avons vu le collectivisme en Union Soviétique. Nous avons vu le collectivisme en Allemagne nazie basé sur l’idée de la race, que la race Aryenne est supérieure à toutes les autres races.

Est-ce qu’une société, un système de valeur et une culture basée sur les droits individuels équivalente à une société basée sur des droits collectifs? Voilà la question. Ma réponse et non, que l’emphase sur les droits individuels est un développement supérieur. Les droits collectifs sont un poison, elles sont un mensonge délectable qui détruit ce système de valeurs supérieur. Je peux venir au Canada de n’importe où et je serai respecté comme individu. Je suis musulman; nous venons de terminer le Ramadan et j’ai jeûné pendant 30 jours, je fais mes prières du vendredi, je fais tout ce qui est requis, mais c’est ma foi personnelle en tant qu’individu. Quand les gens disent que ce n’est pas une question individuelle mais plutôt un droit collectif, il y a problème.  Ça mine tout notre système constitutionnel.»

Je crois qu’il a raison. Comment peut-on affirmer sérieusement qu’une société avec un système de castes peut être égale à une société qui prime sur l’égalité des individus. Comment une société qui ne croit pas à l’égalité des sexes et qui décide de la culpabilité, de l’innocence et du châtiment d’un individu selon l’appartenance à une religion ou une autre ou selon son sexe, peut-elle être équivalente à une société qui a inventé la règle de droit? Comment une société qui emprisonne les individus pour leurs opinions, qu’elles soient politiques, religieuses ou autre, puisse être l’équivalente d’une société qui honore la liberté d’expression et la liberté de conscience? Comment une société qui pratique encore l’esclavage (au sens strict du terme) peut-elle être l’équivalente de la seule société qui a abolie cette pratique? C’est absurde! Doit-on accepter une théocratie en parallèle de notre démocratie libérale pour prouver à quel point nous sommes tolérants? Voyons donc! Pourtant, c’est ce que dicte le multiculturalisme. Venez tous ici et conservez votre culture intacte parce que le Canada n’a pas de culture propre. Ce n’est pas du libéralisme, c’est l’idéologie de l’extrême-gauche identitaire qui est vouée depuis toujours à la destruction de la civilisation occidentale par sa haine du capitalisme. Voilà ce qu’est le multiculturalisme.

«Ta gueule, l’homme blanc!»

Non, je ne suis pas un suprématiste blanc. Je ne crois pas en une race supérieure. Je juge les individus selon les mérites de leur caractère plutôt que leur couleur de peau, leur religion, leur sexe ou leur orientation sexuelle. Mais la culture n’est pas une race. La culture est une collection d’idée et de valeurs et le simple fait demeure que la culture occidentale est principalement l’oeuvre de gens qui s’adonnaient à avoir le teint pâle. Ce n’est pas leur faute. Cependant, cette culture demeure encore la seule et unique qui considère les individus comme étant égaux, peu importe leur couleur, sexe, religion ou orientation sexuelle et qui le met en pratique. Pour cela, elle mérite d’être défendue et pour ça, il est essentiel de pouvoir discuter.

La réaction à la sortie de Maxime Bernier en dit long sur ce que valent les valeurs occidentales aux yeux de la classe politique canadienne. Pourtant, il a été très modéré dans ses propos et il n’est certainement pas le premier à affirmer que le multiculturalisme pose problème. Angela Merkel et David Cameron l’ont également affirmé et même le père du multiculturalisme au Canada, Pierre Elliot Trudeau a lui-même admis que ça n’avait pas donné les résultats qu’il escomptait en 1995. Maxime est donc en bonne compagnie. Au 20 siècle, nous avons été menacés par des cultures collectivistes totalitaires. Nous n’avons survécu à ces assauts qu’au prix de millions de vies. Au 21e siècle, nous faisons face une fois de plus à une idéologie collectiviste totalitaire, mais grâce au poison du multiculturalisme et de la rectitude politique, il est impossible d’en discuter. Il serait pourtant grand temps de le faire.

Bonus:

Philippe David

Technicien en informatique et Éditeur de Contrepoids à temps perdu, il a souvent été décrit comme une encyclopédie ambulante par son entourage. Grand défenseur le la liberté sous toutes ses formes et particulièrement de la liberté d'expression.

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