District 31: Une série qui n’a pas peur de la controverse

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Par Philippe David

En ces temps où on étouffe dans la rectitude politique, c’est plutôt rafraîchissant de voir une série télévisée où les réalisateurs ne semblent pas se soucier des indignés professionnels de cette rectitude. Vous ne me verrez pas souvent louanger une série télévisée québécoise, mais je me dois de vous piper un mot sur la série policière District 31 de Luc Dionne et Fabienne Larouche.

Cette série mettant en vedette Gildor Roy, Patrice Godin, Sébastien Delorme, Michel Charette, Cynthia Wu-Maheux et Hélène Bourgeois-Leclerc en est à sa troisième saison et est diffusé du lundi au jeudi à 19h00 sur les ondes de Radio-Canada.

Depuis sa première saison, cette série a touché à plusieurs sujets épineux comme la cyberintimidation, la prostitution juvénile, l’espionnage par téléphone intelligent et un policier qui piégeait des jeunes sur l’internet. Depuis le début de la troisième saison, les détectives du 31 ont été confrontés à un traffic international de bébés et un triangle amoureux impliquant un adolescent, une enseignante et le père de l’ado. Cette semaine, ils s’attaquent à un sujet qui risque vraiment de soulever la controverse: les crimes d’honneur.

Étonnant…

Je trouve étonnant de voir une série télévisée aborder un tel sujet, en particulier à Radio Canada où règle générale, tout questionnement sur les méfaits du multiculturalisme attire le plus souvent des accusations de racisme et de xénophobie. Il faut donc vraiment ne pas avoir froid aux yeux pour présenter un tel scénario. Je ne serais pas surpris cependant de voir un tollé d’indignation fuser bientôt. Je suis même surpris que ça n’ait pas encore commencé. Tout y est. Mariage forcé, homophobie et l’absurde code d’honneur familial qui pousse des pères de familles et leurs enfants mâles à commettre les pires outrages aux membres féminins de la famille et les auteurs ne se gênent pas pour y impliquer la religion musulmane, même si ce genre de chose n’est pas exclusif à cette religion.

Musulmane et lesbienne dans une famille intégriste

Le scénario se passe comme suit: la détective Isabelle Roy (Hélène Bourgeois-Leclerc) est approchée par une jeune fille qui dit craindre pour sa sécurité. Son père veut l’envoyer dans son pays d’origine pour se marier, ce qu’elle refuse, mais elle veut déposer une plainte parce que son frère lui a  volé son cellulaire. Cellulaire qui contient des photos d’elle et sa petite amie, québécoise non-musulmane de surcroît. La détective lui explique qu’elle devrait s’adresse au bureau du Directeur de la protection de la jeunesse et la jeune fille repart bredouille. De retour à la maison son père l’enferme dans sa chambre. Mais la détective décide d’en avoir le cœur net et visite la famille qui lui bien sûr, nie tout. Entre-temps, la jeune fille s’est enfuie par la fenêtre de sa chambre et s’est réfugiée chez sa petite amie. La mère de celle-ci la convainc que de contacter la protection de la jeunesse serait probablement une bonne idée et elle va aussi contacter la détective Roy qui apporte son aide pour que la jeune fille puisse récupérer ses effets personnels. Cependant, sans qu’elle ne le sache, elle est suivie par son frère jusque chez sa petite amie. À la fin de l’épisode d’hier, le frère avait intercepté sa sœur dans la rue et l’avait emmenée dans un lieu inconnu. La dernière scène le montre épaulé par au moins une demi-douzaine de ses amis, approcher sa sœur qui est ligotée et baillonnée sur un lit en disant «Ton problème, c’est que tu connais pas les garçons». Nous saurons peut-être ce soir si elle va s’en tirer vivante, mais ça augure mal.

Les méfaits du multiculturalisme

Il ne faut pas se le cacher, les défenseurs du multiculturalisme aiment bien s’enfouir la tête dans le sable quant aux effets négatifs associés à l’immigration de centaines de milliers de personnes provenant d’une culture aux valeurs radicalement opposées aux nôtres. Cependant, nous avons vu des cas réels de crimes d’honneur ici au Canada. La récente vague d’immigration a aussi amené les mutilations génitales féminines et en Europe, les attaques à l’acide et les gangs de violeurs d’enfants ont soudainement fait leur apparition. Bien sûr, ces crimes sont le fait d’une petite minorité d’immigrants, mais ils existent tout de même et l’expérience de l’Europe démontre plus on admet de migrants, plus leur fréquence augmente. C’est bien beau aimer le shish taouk, le shawarma et les merguez, mais faut admettre aussi que l’immigration n’a pas que des bienfaits culinaires et que les gens qui viennent ici ne vont pas instantanément adhérer à toutes nos valeurs libérales en respirant notre air. Nous n’aidons certainement pas ceux qui sont venus ici pour fuir les intégristes, si nous fermons les yeux sur leurs méfaits en disant que toutes les cultures s’équivalent. Il y a définitivement certains aspects de certaines cultures dont on pourrait se passer. On peut profiter du bon dans chaque culture sans nécessairement être obligés d’accepter le mauvais.

Un grand bravo à l’équipe de production. J’étais déjà un avide fan de la série, je l’aime encore plus maintenant.

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