L’exploitation de l’innocence

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Par Philippe David

Ce matin à Longueuil une «Marche pour la Diversité» est organisée par la Commission Scolaire Marie-Victorin  ou, semble-t-il, doivent participer 1200 élèves de 6e année. Selon le site de la CSMV:

«« En plus de faire la promotion de la diversité et de l’inclusion sous toutes leurs formes, cette marche s’inscrit dans la continuité des marches précédentes qui luttaient notamment contre l’intimidation. Elles avaient aussi pour objectifs de sensibiliser les élèves et l’ensemble de la population à l’importance de valoriser la non-violence et de promouvoir les valeurs qui s’y rattachent, dont l’entraide, l’écoute et le respect », a déclaré madame Paule Froment, commissaire de la circonscription 8.»

J’ignore de quoi exactement parle Mme Froment lorsqu’elle parle de «diversité». Je n’ai pas non-plus pu obtenir de la professeure de ma fille ou de la direction de son école, une explication plus précise; mais je sais de nos jours que ce terme est politiquement chargé et je me doute qu’il ne soit pas innocent. Je sais également que ma fille n’était pas non-plus en mesure d’expliquer l’objectif de la marche, ce qui me laisse croire que si le but était de «sensibiliser» les jeunes, c’est plutôt raté. Je soupçonne que très peu des élèves participant à cette marche auront même une idée de pourquoi ils marchent.

À une semaine d’avance

Ce n’est que une semaine à l’avance, vendredi dernier,  que nous avons reçu une demande de permission de la part de l’école pour que notre fille participe à cette marche. Nous avons demandé plus d’informations sur la marche et la disponibilité du service de garde le lundi ou mardi suivant à la prof. de ma fille par le biais de son agenda et ce n’est qu’à la veille de la marche que nous avons reçu une réponse: zéro information sur la marche et le service de garde ne sera pas disponible pour les enfants dont les parents refuseraient la participation. En d’autres mots, soit tu laisses ton enfant participer, soit tu dois être disposé à garder ton enfant à la maison pendant toute la matinée pour l’envoyer à l’école pour l’après-midi avec ce que ça implique du côté logistique et nous l’avons appris la veille de l’événement! Une bonne chance que ma mère était disponible!

Ce qui était vraiment intéressant est que pour justifier la chose, la prof de ma fille nous a écrit que ma fille était la seule élève qui ne participait pas. C’est étrange parce que le weekend précédent, nous visitions l’école secondaire où nous avons l’intention d’envoyer ma fille l’an prochain et nous avons croisé plusieurs parents d’amies de ma fille et lorsque la question de la marche est entrée dans la conversation, tous nous ont signifié qu’ils étaient également en désaccord. Ont-ils cédé parce qu’ils n’ont pas pu faire des arrangements pour garder leur enfant à la maison? Ou nous a-t-on effrontément menti? Toujours est-il que de mettre les parents dans une telle situation est une position indéfendable de la part de la direction de l’école et celle de la commission scolaire. Lorsqu’il est question de faire participer des enfants à un tel événement, la commission scolaire et les écoles devraient prendre toutes les dispositions pour que les parents puissent se sentir libres de refuser la participation de leur enfant sans souffrir d’inconvénients et ce, peu importe leurs nombres. Autrement il y a un certain chantage qui oblige les parents qui ne peuvent pas garder leur enfant à la maison à consentir à la participation de leur enfant alors qu’ils ne consentiraient pas autrement.

De l’exploitation éhontée

D’un point de vue éthique, je considère que peu de choses sont plus détestables que d’exploiter des enfants à des fins politiques. Les enfants de cet âge n’ont que peu de compréhension  des enjeux politiques et particulièrement au niveau élémentaire, ils ne devraient pas en être accablés du tout. Leur seul souci devrait être d’acquérir leurs compétences de base et de jouer comme les enfants de cet âge sont supposés de le faire. Ils n’ont pas à être politisés et instrumentalisés de la sorte. Ce n’est pas à eux de marcher dans la rue et de scander des slogans pour une cause qu’ils ne comprennent pas. La Commission Scolaire Marie-Victorin et ses dirigeants devraient avoir honte d’exploiter ces enfants et c’est mon intention de leur laisser savoir.

Ce n’est pas tant que je sois contre la «diversité», si tant que vous puissiez la définir, mais certainement pas à tout crin; et je suis certainement contre la violence (Qui ne l’est pas?), mais ce n’est pas là la question. L’école devrait demeurer un terrain neutre idéologique et trop souvent, elle sert plutôt à l’endoctrinement. Mesdames et messieurs les commissaires, directeurs(trices) d’école et professeur(e)s, nous vous confions ce que nous avons de plus précieux pour que vous leurs enseigniez le français, les mathématiques, les sciences et l’histoire. Déjà un trop grand nombre d’entre-eux sortent incompétents du secondaire en ces matières, particulièrement en français. Vous devriez vous préoccuper de bien leur enseigner et voir à réduire notre désolant taux de décrochage. Ce n’est certainement pas votre place de transformer des enfants de 11 ans en activistes politique. Honte à vous!

 

Philippe David

Technicien en informatique et Éditeur de Contrepoids à temps perdu, il a souvent été décrit comme une encyclopédie ambulante par son entourage. Grand défenseur le la liberté sous toutes ses formes et particulièrement de la liberté d'expression.

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