Le Pacte – Un grand signalement de vertu

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Par Philippe David

Cette semaine un  groupe de 400 célébrités québécoises a fait une sortie médiatique pour inviter les gens à signer le «Pacte pour la Transition» écologique. Ce n’est pas que je doute de leur sincérité, mais je trouve plutôt ironique quand un groupe de personnes plus fortunées (et dans ce cas précis, la plupart grâce a des subventions de l’état), font la morale au petit peuple au sujet de sa consommation. La simplicité volontaire qu’ils nous prêchent, grand nombre de québécois la vivent déjà par pure nécessité plutôt que par vertu, mais pire encore, ce qu’ils prêchent ne changera pas grand’chose au bout de la ligne alors qu’il y a tant d’autres problèmes qui pourraient être solutionnés concrètement pour rendre le monde meilleur.

Au final, ce n’est vraiment qu’un signalement de vertu, c’est-à-dire quelque chose qu’on fait pour se sentir mieux et pour montrer qu’on «fait quelque chose», qu’on «fait notre part», mais qui au final, ne changera probablement rien. Même si tous les québécois signaient le pacte et s’engageaient à faire ce qu’ils disent de faire, ça ne sauvera pas la planète et je doutes fort qu’on arrive de convaincre le reste du monde à faire de même. Désolé.

Une cause détournée

Un de mes problèmes avec l’idée d’un pacte comme celui-là est que la cause de l’environnement a tellement été détournée depuis plusieurs décennies et elle a tellement été politisée que c’est très difficile de séparer le vrai du faux. Surtout en ce qui a trait aux changement climatiques et l’organisme qui s’est fait le temple de ce phénomène, le GIEC.

Le plus gros problème est que le problème des changements climatiques est devenue une telle patate chaude politique qu’il a occulté pratiquement tous les autres problèmes environnementaux qui sont pourtant nombreux et désolé de vous le dire, probablement plus importants et moins coûteux à résoudre. Moi quand Dominique Champagne nous dit qu’il y a «urgence climatique», j’ai tendance à le prendre avec un énorme grain de sel. Pourquoi? Parce que ça fait presque 30 ans qu’on nous dit la même chose et qu’aucune des prédictions qui ont été faites ne ce sont  réalisées jusqu’ici. Aucune.  La température moyenne du globe, elle-même une donnée plus que douteuse du fait de la répartition très inégale des stations météo à travers le globe et des îlots de chaleur urbains, n’a augmenté d’à peine plus que 1°C depuis 200 ans et que malgré l’accélération de nos émissions industrielles à l’échelle mondiale dans les 20 dernières années, les anomalies de températures mesurées par des organismes tels que le Hadley Climate Research Unit ont été remarquablement stables, malgré ce que les médias peuvent vous raconter.

Ce n’est pas que je ne crois pas aux changements climatiques, c’est indéniable que nous sommes dans une phase de réchauffement par rapport à la petite ère glaciaire, le climat a toujours changé et là où je vis au Québec, il y a déjà eu des glaciers de plus d’un kilomètre d’épaisseur et le Groënland, que les vikings avaient nommé ainsi pour sa verdure à leur époque, n’est pas très vert aujourd’hui, ce qui suggère qu’il y a déjà fait plus chaud. Ça va aussi probablement vous surprendre que beaucoup de scientifiques doutent que le dioxide de carbone, le CO2, soit la principale cause de ce réchauffement. Tout d’abord par ce manque de corrélation entre l’augmentation du CO2 et la température mais aussi parce qu’on constate l’écart entre les prédictions des modèles informatiques du GIEC avec les températures mesurées empiriquement depuis les deux ou trois dernières décennies. Comme le démontre ce graphique du Dr Roy Spencer.

Je ne suis pas un expert en climat, mais ça s’adonne que je m’y connais en informatique. Je suis donc assez qualifié pour vous dire que si ces modèles étaient basés sur de bonnes hypothèses, les écarts ne seraient certainement pas si grands et surtout que les simulations informatiques n’ont absolument rien à voir avec la réalité. Elles sont utiles pour tester certaines hypothèses, mais elles ne constituent pas une preuve empirique. Bizarrement, la religion climatique semble les considérer comme tel.

Mais pourquoi ne voyez-vous pas cela dans les médias de masse? Tout d’abord à cause de la politique et dès le départ, la politique a décidé que nous, c’est à dire l’humanité, étions les coupables. La charte du GIEC exclut d’ailleurs toute autre cause au réchauffement. Vous avez bien lu. Le GIEC n’existe pas pour rechercher les véritables causes du réchauffement, quelles qu’elles soient, mais simplement «prouver» que ces causes sont humaines et créer un faux consensus sur la question. Sinon, pourquoi le résumé pour les décideurs de leurs rapports doivent-ils être approuvés ligne par ligne par les représentants politiques des pays signataires de l’CCNUCC)? Quand on tient mordicus à trouver une preuve et qu’on offre des milliards pour la chercher, on trouvera toujours des gens qui nous diront ce que nous voulons entendre, n’est-ce pas?

Tout ça rend non seulement douteux l’idée que ce que nous puissions même contrer le réchauffement en mitigeant nos émissions, mais aussi que ce soit vraiment nécessaire et c’est encore plus douteux économiquement que le jeu en vaille la chandelle, même si nous pouvions freiner le climat, étant donné le coût monstrueux de  réduire l’augmentation de seulement 0.05°C d’ici la fin du siècle.

Une question de priorités

Il y a quelques années, l’économiste danois Dr Björn Lömborg a poser la question: Si nous voulons résoudre les problèmes de ce monde, lesquels devrions-nous adresser en premier? Parce que voyez-vous, nous avons de nombreux problèmes à résoudre et jusqu’ici, personne ne s’était donné la peine d’examiner les problèmes et leurs solutions possibles afin de déterminer quels problèmes peuvent être résolus et à quel coût? Parce qu’il existe beaucoup plus de problèmes à résoudre que nous n’avons de ressources à consacrer aux solutions. Pourquoi des économistes? Parce que si vous voulez savoir comment fonctionne le climat, il convient de vous adresser à un expert de la physique du climat, mais si vous voulez faire une analyse coût/bénéfice de divers projets, c’est à un économistes qu’il faut s’adresser.

Le Dr Lömborg a rassemblé une trentaine des meilleurs économistes au monde pour tenter de résoudre la question en tenant compte du bien réalisé pour les coûts encourus. Eh bien les changement climatiques se sont retrouvés au bas de la liste alors que des problème comme la prévention de la malaria, du sida, la sanitation, l’accès à l’eau potable, la malnutrition et la pauvreté extrême arrivaient en tête de liste, tout simplement parce que les solutions pour tous ces problèmes réunis sont beaucoup plus simples et nécessitent beaucoup moins ressources et donneraient de bien meilleurs résultats qu’une lutte très hypothétique à des changement climatiques que nous comprenons à peine. Par la bande, beaucoup des solutions aux autres problèmes aident aussi l’environnement.  L’équipe du Dr Lömborg avait calculé que tous ces problèmes pourraient être résolus pour $75 milliard et seraient d’une assistance substantielle et immédiate à des milliards de gens contrairement aux très coûteux et très hypothétiques bénéfices attendus d’un traité réduction des gaz à effet de serre comme le défunt accord de Kyoto ou le plus récent accord de Paris.

Alors allez signer le fameux pacte si vous voulez, mais pour ma part, je préfère de loin l’approche du Dr Lömborg. C’est plus concret que le signalement de vertu.

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