Macron défend son bilan après la montée de son nouveau rival français dans les sondages

Emmanuel Macron - Président de la république Française

Emmanuel Macron a pratiquement déclaré qu’il se battrait pour conserver son poste à la télévision nationale, à quatre mois de l’élection présidentielle française.

Le dirigeant français accorde rarement de longues interviews télévisées aux médias nationaux. Mais alors que la campagne de sa rivale conservatrice Valérie Pecresse prend de l’ampleur et que le scrutin d’avril approche, il a décidé d’apparaître sur la chaîne de télévision nationale la plus regardée pour défendre son bilan.

Au cours d’une interview de deux heures et demie sur la chaîne de télévision TF1, il est passé de l’économie et de la réforme des retraites à la pandémie de coronavirus et à l’islam radical. Tout en essayant de montrer un côté plus doux, plus humble.

« Mes valeurs ne sont pas celles d’un président des riches », a déclaré l’ancien banquier mercredi, pour tenter de se défaire enfin d’un surnom qu’il a gagné en supprimant un impôt sur la fortune peu après son entrée en fonction en 2017. « J’ai appris beaucoup de choses, et je suis plus sensible à certaines choses qu’avant ».

Les sondeurs avaient vu Macron face à la leader nationaliste Marine Le Pen ou au pundit d’extrême droite Eric Zemmour au second tour de l’élection d’avril. Ce calcul a changé avec la récente décision du Républicain de choisir Pecresse, qui dirige la région parisienne et a été ministre du budget sous l’ancien président Nicolas Sarkozy.

En effet, plusieurs sondages placent désormais Pecresse en deuxième position après Macron, et l’un d’entre eux suggère qu’elle pourrait le battre au second tour. Elle serait la première femme présidente de la France.

Pecresse fait un bond dans les sondages français

 

L’interview a été enregistrée dimanche, sous les vitraux bleu, blanc et rouge du palais de l’Élysée. Elle était intitulée « Où va la France ? » et portait sur l’opinion de Macron sur son propre mandat.

« Quand j’ai été élu, j’ai aimé la France, et aujourd’hui je peux vous dire que je l’aime encore plus bêtement », a déclaré Macron. Il a dit qu’il avait fait des erreurs, mais qu’il essayait de ne pas les répéter et qu’il donnait le meilleur de lui-même.

Il s’est attardé sur les ravages de la pandémie. Un sujet qui n’a pas été abordé est le changement climatique, tandis que les relations internationales ont à peine été mentionnées.

Macron ne serait pas le premier président sortant à retarder l’annonce de sa candidature. En 2012, Sarkozy a attendu environ deux mois avant le scrutin, alimentant le suspense et l’attention des médias.

Mme Pecresse a été contrainte d’annuler sa propre apparition sur une chaîne concurrente pour éviter tout conflit avec celle de M. Macron. Elle s’en est prise à ce dernier, déclarant aux journalistes : « On ne peut pas avoir un président-candidat qui a des chaînes de télévision ouvertes pour lui quand il le veut et qui fait campagne pendant des heures ».

Elle a déclaré qu’elle allait déposer une plainte auprès de l’autorité française de régulation des médias, qui contrôle le temps accordé aux candidats à la présidence.